William Shatner : son capitaine Kirk devait périr dans un projet avorté d’un réalisateur SF

Image d'illustration. Star TrekParamount / PR-ADN
Un réalisateur de science-fiction avait proposé un scénario pour Star Trek dans lequel le capitaine Kirk, incarné par William Shatner, trouvait la mort. Ce projet n’a cependant jamais été retenu, laissant l’iconique personnage survivre à l’écran.
Tl;dr
- En 1975, Paramount développe un film Star Trek ambitieux confié à Gene Roddenberry puis au cinéaste Philip Kaufman, avec une vision très audacieuse.
- Le projet Planet of the Titans imagine une intrigue radicale où l’Enterprise voyage jusqu’à la préhistoire et explore des thèmes adultes.
- Jugé trop risqué et abandonné après des désaccords et la montée en puissance de Star Wars, il laisse place à Star Trek: The Motion Picture en 1979, bien moins audacieux.
Quand l’audace rencontre la frilosité hollywoodienne
Derrière la légende de Star Trek, une histoire méconnue se dessine : celle d’un film jamais tourné, mais qui aurait pu bouleverser la saga. En 1975, alors que le succès en syndication du show original prend tout le monde de court, Paramount confie à Gene Roddenberry l’élaboration d’un long-métrage. Rapidement, la collaboration glisse vers une direction inattendue avec l’arrivée du tandem Chris Bryant et Allan Scott, puis du cinéaste visionnaire Philip Kaufman. Leur projet, baptisé « Star Trek: Planet of the Titans », s’annonçait bien plus subversif que les studios ne l’auraient imaginé.
Un scénario hors norme pour l’époque
Les grandes lignes du film surprennent : l’équipage de l’Enterprise, confronté à la disparition d’un vaisseau frère, traverse un trou noir et atterrit sur Terre… à l’ère paléolithique. Là, ces explorateurs spatiaux auraient donné aux premiers humains le secret du feu, piétinant allègrement le fameux Prime Directive. Mais ce n’est pas tout : dans cette vision, le capitaine Kirk disparaît mystérieusement avant d’être retrouvé par Spock sur une planète peuplée autrefois par les Titans. Le tout devait culminer autour d’un duel existentiel entre Spock et un Klingon campé par la légende japonaise Toshiro Mifune.
À ce stade, même les fans purs et durs s’interrogent. D’autant que Philip Kaufman imagine pousser plus loin encore : « Mon idée était d’en faire un film adulte, traitant de la sexualité et des merveilles plutôt que des bizarreries ; un grand film de science-fiction bourré de questions sur la dualité de Spock et l’humanité. »
Kirk sacrifié ? Paramount affolé !
Toutefois, lorsque William Shatner, alors loin du statut culte qu’il connaîtra plus tard, découvre que son personnage pourrait y passer… l’alerte est donnée. Pour éviter cet écueil, sacrifier Kirk, second personnage préféré après Spock, Paramount met fin à la participation des scénaristes originaux et confie les rênes à Philip Kaufman seul.
Mais rien n’y fait : trop radical pour certains pontes comme Barry Diller, jugé « prétentieux », le projet est abandonné. La récente réussite du premier Star Wars effraie aussi Paramount, qui préfère miser sur des valeurs sûres.
Un Star Trek psychédélique qui n’a jamais vu le jour
La suite appartient à l’histoire : Star Trek: The Motion Picture voit bien le jour en 1979 mais peine à convaincre au box-office. La franchise sera sauvée in extremis avec The Wrath of Khan. De son côté, Philip Kaufman rebondit brillamment avec Invasion of the Body Snatchers, puis explore avec finesse des thèmes sensuels dans L’Insoutenable légèreté de l’être ou Henry & June. Mais jamais il ne reviendra à la science-fiction… et on ne saura sans doute jamais ce qu’aurait donné un Star Trek vraiment psychédélique et adulte sous sa direction.
