Wonder Man de Marvel : la solution idéale au principal défi des récits de super-héros contemporains

Image d'illustration. Wonder ManMarvel / PR-ADN
La nouvelle série Wonder Man produite par Marvel semble avoir trouvé une réponse efficace à l’un des défis majeurs rencontrés par les récits de super-héros contemporains, proposant une approche qui séduit autant le public que les critiques.
Tl;dr
- « Wonder Man » ignore totalement l’origine des superpouvoirs.
- La série opte pour un ton comique et décalé.
- Le MCU s’éloigne du schéma classique de l’origin story.
Un héros Marvel qui ne joue pas le jeu
À contre-courant des productions habituelles, la série « Wonder Man » débarque sur Disney+ et désarçonne immédiatement. Pas de justiciers en costume, ni de récit initiatique classique : ici, Simon Williams, incarné par Yahya Abdul-Mateen II, troque la cape contre les planches de théâtre, tandis que son acolyte DeMarr « Doorman » Davis (Byron Bowers) vise davantage la carrière d’acteur que celle de super-héros. Un parti pris inattendu qui propulse la série bien loin du tumulte spectaculaire auquel le public du Marvel Cinematic Universe (MCU) est habitué.
L’origine des pouvoirs ? Circulez, il n’y a rien à voir
C’est sans doute sur ce point que le show s’affranchit radicalement des codes. Alors que les premiers films du MCU, tels qu’« Iron Man » ou « Captain America: First Avenger », détaillaient méticuleusement l’apparition des superpouvoirs, « Wonder Man » fait exactement l’inverse. À aucun moment le passé extraordinaire de Simon n’est dévoilé ; tout au plus laisse-t-il entendre qu’il ignore lui-même comment il est devenu ce qu’il est. Quant à Doorman, ses aptitudes surnaturelles découlent d’une simple rencontre fortuite avec une étrange substance… dans une poubelle. Et c’est tout : aucune justification, ni flash-back interminable.
L’humour comme réponse à la lassitude super-héroïque
Au-delà de ce choix narratif audacieux, la série se démarque par son ton léger et sa distance ironique. Certains y verront un clin d’œil appuyé à « She-Hulk: Attorney at Law », bien loin de l’esprit martial d’un « Falcon et le Soldat de l’Hiver ». En fait, ce détachement face au « pourquoi du comment » semble épouser une lassitude ambiante autour des sempiternelles origines. Même Kevin Feige, patron du MCU, n’ignore pas cette fatigue — et si lui ne s’en inquiète guère publiquement, la multiplication des récits d’acquisition des pouvoirs commençait à tourner en rond.
Nouveau paradigme pour Marvel ?
Cette manière décomplexée d’ignorer l’origin story pourrait bien inspirer toute la franchise alors que se profilent les mastodontes multi-héros tels que « Avengers: Doomsday ». Pour faciliter la lecture du spectateur moderne — souvent rompu aux codes — voici ce qui change concrètement :
- L’histoire se concentre sur le présent et les enjeux personnels.
- L’exposition fastidieuse cède sa place à une narration plus agile.
- L’attente autour du « secret des origines » disparaît presque totalement.
Avec « Wonder Man », Marvel signe peut-être la fin du traditionnel passage obligé : celui où l’on explique inlassablement comment tout a commencé. Une évolution aussi rafraîchissante que nécessaire dans un univers désormais saturé… et qui prouve que même les super-héros peuvent savoir lâcher prise.
