Les studios ont failli supprimer une scène culte de Jim Carrey devenue emblématique

Image d'illustration. The MaskAlliance Vivafilm / PR-ADN
Des dirigeants de studios ont envisagé de supprimer une scène majeure d’un film avec Jim Carrey, aujourd’hui considérée comme l’une des plus marquantes de sa carrière. Cette décision aurait pu changer le visage d’une œuvre culte du cinéma.
Tl;dr
- La scène « Cuban Pete » a failli être coupée.
- Les dirigeants de New Line étaient sceptiques sur les numéros musicaux.
- Le succès de The Mask a surpris tout le monde.
L’incertitude des studios face à un OVNI comique
Qui aurait misé sur un film comme The Mask en 1994 ? Un réalisateur associé à l’horreur (Chuck Russell, passé par « A Nightmare on Elm Street 3 »), une star encore méconnue du grand public, un ton déjanté et – surprise – des numéros musicaux dignes des comédies hollywoodiennes d’antan. Voilà de quoi désarçonner les pontes de New Line, qui, à la découverte du montage initial, n’ont pas caché leur perplexité.
L’audace de la scène « Cuban Pete »
Il faut dire que le passage le plus emblématique du film, la séquence où Jim Carrey (malgré une grippe carabinée) détourne toute une brigade de police grâce au tube latino « Cuban Pete », n’avait rien d’évident sur le papier. Dans cette scène spectaculaire, la folie burlesque du personnage atteint son sommet : costumes éclatants sur fond de décors inspirés du vieux New York façon années 40, chorégraphie effrénée et effets spéciaux avant-gardistes pour l’époque… De quoi offrir à Carrey un terrain de jeu idéal et inscrire la scène dans la mémoire collective.
Une décision risquée… mais payante
Pourtant, ce moment-clé a bien failli disparaître. Selon Craig Stearns, chef décorateur, toute l’équipe a métamorphosé le plateau historique de la Warner Bros en un festival de néons et de couleurs vives. Mais à l’origine, les dirigeants ont tenté d’imposer la coupe du numéro musical : « Ceci n’est pas une comédie musicale », auraient-ils objecté à Russell. Heureusement, le réalisateur a tenu bon : « You gotta have the music ». Et le verdict final fut sans appel : lors d’une projection test suggérée par le producteur Robert Engelman, c’est justement cette séquence qui remporta tous les suffrages.
Voici quelques éléments qui expliquent leur hésitation :
- L’humour exubérant et imprévisible de Carrey n’était pas encore éprouvé auprès du grand public.
- L’association inattendue entre comédie loufoque et interludes musicaux .
- L’identité visuelle hors-norme, entre cartoon, burlesque et hommage rétro.
Un succès imprévisible devenu culte
Avec le recul, il est facile d’oublier qu’à l’époque du tournage, personne ne savait si la magie opérerait. Même certains membres-clés doutaient ouvertement – ainsi que l’a confié le chef opérateur Julio Macat : « The stuff he was doing was so over the top I truly thought this was gonna be the biggest piece s*** ever. ». Au final, non seulement l’excentricité assumée de Jim Carrey a conquis le monde entier, mais elle a également permis à The Mask d’entrer dans la légende cinématographique des années 90… preuve qu’en matière d’audace artistique, parfois seuls les spectateurs détiennent vraiment la clé.
