Napoléon au cœur d’un film imaginé par Charlie Chaplin et Winston Churchill

Image d'illustration. Modern TimesUnited Artists / PR-ADN
Charlie Chaplin a failli incarner Napoléon à l’écran, dans un projet inattendu dont le scénario fut confié à Winston Churchill. Ce film inabouti révèle une facette méconnue de la carrière du génie du cinéma muet.
Tl;dr
- Dans le Hollywood des années 1920, Charlie Chaplin et Winston Churchill se rencontrent à Santa Monica et partagent une conversation autour du cinéma.
- De cet échange naît l’idée improbable d’un film sur Napoléon, scénarisé par Churchill et incarné par Chaplin, mais le projet ne dépassera jamais le stade de l’enthousiasme.
- Malgré quelques suites informelles, cette collaboration entre les deux figures historiques restera finalement une anecdote jamais concrétisée.
Un duo inattendu à Hollywood
Au cœur d’un Hollywood effervescent de la fin des années 1920, une soirée donnée à Santa Monica réunissait deux géants venus d’horizons radicalement différents. D’un côté, Charlie Chaplin, maître incontesté du cinéma muet, dont l’œuvre City Lights allait marquer durablement le septième art par sa sensibilité autant que par son humour. De l’autre, l’ex-politicien britannique Winston Churchill déjà biographe prolifique et passionné de cinéma.
L’idée folle : Chaplin en Napoléon sous la plume de Churchill
Au fil de la nuit, alors que la fête battait son plein chez l’actrice Marion Davies, les deux hommes se sont isolés pour échanger longuement sur leur amour du cinéma. Selon Andrew Roberts dans sa biographie Churchill: Walking With Destiny, c’est lors de cette conversation qu’a germé une idée audacieuse : un film consacré à Napoléon, scénarisé par Churchill et porté à l’écran par Charlie Chaplin lui-même dans le rôle principal. On devine facilement que quelques verres n’étaient sans doute pas étrangers à ces élans créatifs nocturnes.
Winston Churchill imaginait déjà des scènes cocasses mêlant psychologie et burlesque, Napoléon se disputant avec son frère en peignoir dans sa baignoire, éclaboussant au passage un uniforme rutilant. Une proposition étonnante pour celui qui deviendrait quelques années plus tard un symbole de résistance mondiale.
L’ombre du projet et le poids du cinéma
Malgré leur enthousiasme partagé et quelques échanges ultérieurs, Charlie Chaplin conviera même Winston Churchill à visionner des rushs de City Lights, le fameux projet ne dépassera jamais le stade du fantasme. Andrew Roberts ne rapporte aucune suite concrète à cette tentative unique de collaboration entre ces deux figures majeures du XXème siècle. Faut-il voir là une influence sur la genèse du The Great Dictator ? Rien ne permet de l’affirmer avec certitude.
Il faut rappeler que Winston Churchill, loin d’être novice en matière littéraire, a écrit biographies, romans (comme Savrola) et même quelques scénarios non aboutis. Et il connaissait bien la portée politique du cinéma ; il affirmait même qu’un film comme Mrs. Miniver avait eu plus d’effet durant la Seconde Guerre mondiale que plusieurs navires militaires.
Une histoire fascinante qui restera imaginaire
Finalement, le public devra se contenter des œuvres existantes : les discours puissants ou les biographies détaillées de Winston Churchill, les films immortels de Charlie Chaplin. Imaginer ce que ce biopic napoléonien aurait pu devenir appartient désormais au champ des regrets cinéphiles… tout comme tant d’autres projets avortés aux promesses démesurées.
