Scary Movie 6 pioche partout, des Wayans à M3GAN jusqu’à Sinners

Image d'illustration. Scary Movie 6Paramount / PR-ADN
Le nouveau Scary Movie aligne 16 parodies horrifiques, de Scream à Sinners. Derrière les gags, le film règle aussi ses comptes avec l’ère des requels.
En bref
- 16 films d’horreur sont parodiés
- Le film vise surtout les requels
- Les héros cultes sont de retour
Le plus intéressant avec Scary Movie 6, ce n’est pas qu’il cite beaucoup. C’est qu’il regarde le cinéma d’horreur récent comme une machine à recycler ses propres mythes. Et là, le film appuie là où ça fait un peu mal, sur la mode des requels, ces suites qui vendent du neuf avec du patrimoine.
Le vrai sujet, ce sont les requels
Au centre, il y a évidemment Scream. Comme toujours. Cette fois, Scary Movie 6 s’amuse surtout avec Scream version 2022 et Scream VI, au point de détourner l’idée du « Core Four » pour l’appliquer à ses propres vétérans. Le film en profite même pour lancer quelques piques vers Scream 7 et vers l’absurdité grandissante des révélations autour de Ghostface.
Mais la structure du récit doit aussi beaucoup à la trilogie reboot de Halloween. Cindy Campbell, jouée par Anna Faris, devient une version de Laurie Strode, cheveux blanchis et parano incluse. À ça s’ajoute I Know What You Did Last Summer, logique dans un film qui adore les franchises revenues d’entre les morts.
Cindy revient, et la vieille équipe avec elle
Le retour des Wayans après vingt-cinq ans d’absence sur la série et treize ans après Scary Movie 5, ce n’est pas juste un argument promo. Le film se regarde aussi comme une suite héritière de lui-même. On y retrouve Brenda Meeks, Shorty Meeks, Ray Wilkins, mais aussi Gail Hailstorm, Doofy Gilmore et Shorthand.
Et oui, le vieux twist final de Scary Movie, celui qui transformait Doofy en cerveau des meurtres sur un mode The Usual Suspects, est bien repris. Pas pour expliquer la mythologie. Pour s’en moquer, clairement.
Les nouveaux monstres pop passent tous à la moulinette
Il fallait bien que M3GAN débarque, avec sa danse impossible à rater. Art the Clown, venu de Terrifier, passe aussi par là. Pareil pour A Quiet Place, dont la règle du silence devient une cible naturelle, et pour Heretic, via une moquerie de la performance très envahissante de Hugh Grant.
Le film va aussi chercher The Substance et ses dérives sur les standards de beauté à Hollywood, en bifurquant vers les blagues sur l’Ozempic. Smile est détourné avec un caméo de personnage ancien, tandis que Longlegs inspire une sous-intrigue avec deux agents du FBI, joués par Heidi Gardner et Damon Wayans Jr..
Sous les gags, une lecture du genre actuel
Ce qui reste, c’est un panorama assez large de l’horreur récente. Weapons est cité pour ses images d’enfants courant dans la nuit. Final Destination: Bloodlines sert à rejouer un de ses moments les plus brutaux. Get Out fournit une variation sur le Sunken Place, cette fois appliquée à Shorty avec un sous-texte drogue assez frontal. Et Ma transforme Brenda en version détraquée de Sue Ann Ellington.
Reste Sinners, très présent, entre détournement d’une grande scène d’église et séquence autour des vampires au seuil d’une porte. En gros, Scary Movie 6 ne fait pas qu’aligner des gags. Il montre surtout à quel point l’horreur actuelle tourne en boucle, et pourquoi cette boucle reste une cible parfaite pour la parodie.
