Élise Lucet : la journaliste pousse un coup de gueule contre le gouvernement
Lassée de devoir se battre pour diffuser des reportages qu'elle est en droit de diffuser au nom de la liberté d'informer, la présentatrice fait savoir son mécontentement.
Spécialisée dans le journalisme d’investigation, Élise Lucet présente Cash Investigation depuis 2012 après avoir animé Pièces à conviction de 2000 à 2011. La très redoutée journaliste met systématiquement les entreprises face à leurs mensonges, leurs mauvaises pratiques, leurs manquements et n’hésite pas à confronter les P.D.-G. ou à défaut des directeurs de communication qui, quoique rodés à l’exercice, restent intimidés par la journaliste.
« Des volontés d’intrusion dans nos reportages de plus en plus fréquentes »
Si Élise Lucet peut enquêter et informer avec une grande marge de liberté, c’est notamment grâce à une émission qui se tient sur le service public plutôt qu’une chaîne privée, mais également grâce aux prérogatives des journalistes et du droit d’informer. Lancée par le Service d’Information et de Communication de la Police nationale (SICoP), une entité rattachée au ministère de l’Intérieur, une nouvelle convention vise à limiter le droit d’informer des journalistes. Dans ce cadre, elle a co-signé la tribune « En exigeant une validation de nos reportages, les pouvoirs publics veulent s’octroyer un droit à la censure » comme de nombreux autres professionnels de l’information.
La présentatrice et rédactrice en chef était l’invitée de Philippe Vandel sur l’émission Culture Médias d’Europe 1. Pour elle :
Il ne peut pas y avoir un droit de regard des institutions, quelles qu’elles soient, les reportages qui sont totalement réalisés dans le principe de la liberté d’informer des citoyens, c’est impossible. On comprend ce texte comme parlant de la déontologie des policiers, mais aussi de celle des journalistes, donc comme une intrusion.
S’il y a des « visionnages techniques » où un reportage est montré sans le son au ministère, avec un droit de regard sur l’identification des forces de l’ordre sur des missions délicates par exemple, afin de ne pas « faire capoter une affaire judiciaire ou une affaire de terrorisme« , la journaliste et ses confrères observent une dérive :
Cette dérive et le côté de plus en plus intrusif de ces conventions de la part des ministères ne sont pas acceptables. Qu’il y ait des volontés d’intrusion dans nos reportages de plus en plus fréquentes, c’est vrai. Que de notre part il y ait une vraie résistance à ces tentatives d’intrusion, c’est vrai aussi.
Le message est clair.
