HBO a refusé l’un des plus grands succès télévisés des années 2000
À l’aube des années 2000, une série aujourd’hui culte aurait pu enrichir la grille de HBO. Pourtant, la chaîne a refusé ce projet, qui deviendra ensuite l’un des plus grands succès télévisés de la décennie.
Tl;dr
- HBO a refusé « Desperate Housewives » et « Mad Men ».
- Des séries majeures auraient pu être plus audacieuses sur HBO.
- Les restrictions ont parfois stimulé la créativité des créateurs.
Quand HBO laisse filer des pépites
Depuis toujours, la réputation de HBO s’est forgée sur sa capacité à repérer le potentiel là où d’autres hésitent. Qu’on pense au pari risqué sur « The Wire », pourtant loin d’être un succès d’audience immédiat, ou au lancement de « Game of Thrones », à une époque où miser sur une saga fantasy sanglante n’avait rien d’évident. Mais derrière ces choix stratégiques salués, il y a aussi des rendez-vous manqués qui surprennent.
Des refus qui font réfléchir
Prenez le cas de « Desperate Housewives ». Avant de devenir l’immense succès que l’on connaît sur ABC, la série avait été présentée à plusieurs chaînes, dont CBS, NBC, Fox, mais aussi à deux grands noms du câble : Showtime et surtout, HBO. Ce refus intrigue, justement parce que ces chaînes échappent aux contraintes habituelles de la télévision généraliste. Sur HBO ou Showtime, impossible de ne pas imaginer ce qu’aurait pu donner cette comédie noire si ses héroïnes avaient pu jurer librement ou si les intrigues liées à l’avortement n’avaient pas été édulcorées.
D’autres séries dans la balance
Ce n’est pas un cas isolé. L’histoire regorge de projets passés entre les mains de HBO sans jamais voir le jour sous leur bannière. Parmi eux, une série devenue culte : « Mad Men ». Matt Weiner, son créateur – déjà scénariste pour « Les Soprano » –, avait pitché son show centré sur un publicitaire obsédé par le sexe à l’apogée du succès de HBO. Résultat ? Refus catégorique. Diffusée finalement sur AMC, la série s’est retrouvée contrainte par des règles strictes : pas de nudité, des épisodes calibrés à 42 minutes… tout le contraire du style HBO.
Pourtant, certains fans se plaisent à penser que ces limitations ont servi la narration :
- L’écriture a gagné en subtilité et en tension dramatique.
- L’implicite s’est substitué au démonstratif.
- Le rythme est resté nerveux grâce aux formats courts.
Et si c’était mieux ainsi ?
On pourrait croire qu’un passage par HBO aurait libéré tout le potentiel sulfureux de ces œuvres – mais cela aurait-il été bénéfique ? Le succès durable de « Mad Men » (sept saisons) comme celui de « Desperate Housewives » (huit saisons) démontre que la contrainte peut parfois servir l’inventivité. Les amateurs ne cessent d’argumenter : l’allusion et le non-dit fascinent souvent plus que l’exposition crue. Reste donc ce léger vertige : et si ces chefs-d’œuvre avaient connu une autre vie chez HBO ? Impossible à dire – mais leur destin hors du câble premium prouve qu’il existe mille façons de créer un classique.
