Akira Kurosawa : du désastre hollywoodien à la renaissance cinématographique

Image d'illustration. Kagemusha20th Century-Fox / PR-ADN
Après des échecs à Hollywood, le maître japonais retrouve sa gloire grâce au soutien inattendu de George Lucas et Francis Ford Coppola.
Tl;dr
- Au milieu des années 1960, Akira Kurosawa quitte le Japon pour Hollywood, mais ses projets échouent et il traverse une période personnelle très difficile.
- Ses tentatives américaines sont bloquées par les incompréhensions culturelles et les exigences des studios, le forçant à revenir au Japon sans succès public ni critique.
- Grâce au soutien de George Lucas et Francis Ford Coppola, il renaît artistiquement avec Kagemusha, remportant la Palme d’Or et retrouvant sa créativité.
Un parcours semé d’embûches entre Japon et Hollywood
Au milieu des années 1960, Akira Kurosawa, déjà célébré comme l’un des plus grands cinéastes mondiaux grâce à des chefs-d’œuvre tels que Les Sept Samouraïs ou Ikiru, décide de quitter le Japon pour tenter l’aventure hollywoodienne. Mais ce choix, dicté en partie par la crise financière traversée par l’industrie cinématographique japonaise, va s’avérer dévastateur sur le plan personnel. Après plusieurs projets avortés, une profonde désillusion s’installe, menant même à une tentative de suicide en 1971.
L’échec d’Hollywood : projets avortés et incompréhensions
À son arrivée aux États-Unis, Akira Kurosawa envisage de réaliser le film d’action Runaway Train pour Embassy Pictures. Rapidement, les barrières linguistiques et culturelles minent la production qui finit par être abandonnée. L’histoire sera finalement portée à l’écran des années plus tard par le réalisateur russe Andrei Konchalovsky. Un autre projet d’envergure attend alors Akira Kurosawa : Tora! Tora! Tora!, superproduction relatant l’attaque de Pearl Harbor du double point de vue américain et japonais. Mais la méthode créative singulière du maître japonais ne trouve pas sa place au sein des studios américains. Face aux exigences intransigeantes du président de 20th Century Fox, Darryl F. Zanuck, Akira Kurosawa est évincé après avoir été déclaré souffrant de « neurasthénie ». Cet épisode précipite un retour difficile au Japon où ses pairs tentent de raviver sa flamme artistique avec Dodes’ka-den, sans succès public ni critique.
La renaissance grâce à George Lucas et Francis Ford Coppola
Tout bascule à la fin des années 1970 lorsque George Lucas, admirateur inconditionnel (il s’est largement inspiré de La Forteresse cachée pour son propre Star Wars), intervient. Fort du succès colossal de la saga galactique, George Lucas met tout son poids dans la balance pour convaincre la Fox de cofinancer le nouveau projet épique d’Akira Kurosawa : Kagemusha. Avec l’appui déterminant de Francis Ford Coppola, le réalisateur japonais retrouve les moyens et la liberté nécessaires pour renouer avec son art.
Un retour triomphal sur la scène internationale
Sorti en 1980, ce drame historique plonge le spectateur dans les guerres du Japon féodal et marque un tournant décisif. À travers l’histoire d’un voleur prenant la place d’un seigneur assassiné, Akira Kurosawa aborde avec puissance les thèmes du sacrifice et du destin. Le film décroche la Palme d’Or ex-aequo au Festival de Cannes en 1979, ainsi que deux nominations aux Oscars. Ce regain artistique offre au maître une nouvelle vitalité créative — prélude à son futur chef-d’œuvre, Ran. Pour beaucoup, sans le soutien indéfectible de George Lucas Lucas et Francis Ford Coppola, cette renaissance n’aurait jamais eu lieu.
