Amy Adams et ses deux vies dans l’univers de Superman

Amy Adams
Image d'illustration. Amy Adams — DC / PR-ADN

Bien avant Man of Steel, Amy Adams avait déjà croisé la route de Clark Kent dans Smallville. Un caméo devenu fascinant, et franchement inconfortable avec le recul.

  • Amy Adams apparaît d’abord dans la série télévisée Smallville dans un rôle secondaire lié à une intrigue de kryptonite.
  • En 2013, elle revient dans l’univers de Superman en incarnant Lois Lane pour le film Man of Steel face à Henry Cavill en Clark Kent.
  • Son parcours illustre un passage d’un caméo oublié dans Smallville à un rôle central dans la réinvention moderne de la saga Superman.

Bien avant de devenir Lois Lane dans Man of Steel, Amy Adams avait déjà affronté Clark Kent. Et pas dans un petit clin d’œil discret, non. Dans Smallville, elle joue carrément une menace du jour qui finit par attaquer le futur Superman.

Avant Metropolis, un détour très étrange par Smallville

L’apparition remonte à 2001, dans la saison 1, épisode 7, Craving, écrit par Michael Green. Amy Adams y incarne Jodi Melville, une lycéenne en surpoids qui tente de maigrir avec des shakes de légumes. Problème, les légumes viennent d’un champ contaminé à la kryptonite. Résultat, elle perd du poids beaucoup trop vite, puis son corps développe une capacité franchement cauchemardesque, absorber la graisse corporelle d’animaux et d’êtres humains vivants.

Quand on connaît la suite de sa carrière, le décalage saute aux yeux. Des années avant Enchanted, et bien avant son rôle dans les films Superman de Zack Snyder, elle croisait déjà la route de Clark, version Tom Welling.

L’épisode voulait parler du lycée et ses problèmes

Le truc, c’est que Smallville fonctionnait souvent comme un Superman passé par le filtre de Buffy the Vampire Slayer. Les pouvoirs servaient de métaphore aux galères de l’adolescence. Ici, l’épisode parle très clairement de rapport au corps et de troubles alimentaires.

Au début, les complexes de Jodi sont montrés avec une vraie empathie. Puis l’épisode bascule. Terrifiée par ce qu’elle devient, elle finit par s’en prendre à Clark et à Pete Ross, joué par Sam Jones III. La seule personne qu’elle vise volontairement, c’est Dustin, interprété par Alex Rae, un garçon qui l’a humiliée avant d’essayer de sortir avec elle après sa perte de poids.

Ce qui gêne aujourd’hui, c’est la manière. L’épisode est souvent cité parmi ceux de Smallville qui ont le plus mal vieilli. Son nom, Melville, renvoie à Herman Melville, auteur de Moby Dick, avec un sous-texte pas très fin autour de l’insulte « whale ». Et la mise en scène n’aide pas, surtout lors de la transformation en fatsuit, avec un CGI assez douteux et un regard visuel qui flirte parfois avec la moquerie. Bref, l’intention compatit, mais l’exécution raconte autre chose.

Smallville adorait recycler l’héritage Superman

Ce caméo n’arrive pas par hasard. Smallville aimait faire circuler les visages liés à Superman. Annette O’Toole, ancienne Lana Lang de Superman III, devenait ici Martha Kent. Christopher Reeve apparaissait en Dr. Virgil Swann, pour aider Clark à comprendre ses origines, pendant que Terence Stamp, ex-General Zod, prêtait sa voix à Jor-El.

Et ce n’était pas limité à Superman. Michael Rosenbaum, le Lex Luthor de la série, doublait aussi Flash dans Justice League. John Glover, alias Lionel Luthor, avait déjà été la voix du Riddler dans Batman: The Animated Series. Du coup, revoir Amy Adams dans ce contexte, c’est plus qu’une curiosité de casting. C’est un petit morceau d’histoire pop, avec un arrière-goût beaucoup moins léger qu’il n’en a l’air.