La watchlist officielle de Disney+ pour Avengers: Doomsday relance un vieux problème du MCU : faut-il faire ses devoirs avant d’aller au cinéma ?
En bref
- Disney+ publie une watchlist de 42 heures
- Marvel risque de décourager le grand public
- Doomsday ne peut pas dépendre d’un rattrapage massif
Il y a un moment où une saga cesse d’être un rendez-vous et commence à ressembler à un dossier à rattraper. C’est exactement le signal envoyé par Disney+ avec sa feuille de route vers Avengers: Doomsday. Et pour Marvel, le timing est franchement délicat.
Une watchlist qui complique au lieu de rassurer
La plateforme a mis en ligne une liste officielle de visionnage avant Avengers: Doomsday, pour un total de 42 heures de films et de séries, prises dans le MCU mais aussi hors du MCU. On y retrouve des choix attendus, comme Avengers: Endgame ou Spider-Man: No Way Home. Jusque-là, rien d’étonnant.
Le souci arrive avec le reste. La sélection ajoute les deux premiers X-Men de l’ère FOX, les deux saisons de Loki, mais aussi Captain America: Brave New World et Thunderbolts*. Pris séparément, pas mal de ces projets ont leur place. Mis bout à bout, ils racontent autre chose, qu’il faut réviser avant d’entrer dans la salle.
Le piège du visionnage obligatoire
Pour les fans les plus investis, ce genre de liste peut aider. Pour le public plus large, c’est presque l’inverse. Si vous avez décroché après Endgame, voir que les deux saisons d’un spin-off centré sur Loki seraient nécessaires peut sembler absurde, surtout si, dans votre mémoire, le personnage est mort dans Infinity War.
Même logique pour des héros déjà connus comme Shuri ou Doctor Strange. Beaucoup de spectateurs savent qui ils sont, sans avoir forcément envie de regarder les suites liées à leur parcours. En gros, la liste ne clarifie pas vraiment ce qui est indispensable à Doomsday, elle épaissit le brouillard.
Et il y a pire. Certains titres de cette watchlist ont eux-mêmes besoin de contexte. Regarder Brave New World sans les trois films Captain America et la série Disney+ qui précède, ça coince. Pareil pour Deadpool et Wolverine, qui repose sur tout un bagage lié à la saga X-Men de FOX, sans oublier les deux Deadpool. Résultat, les 42 heures affichées donnent presque l’impression d’en cacher bien plus.
Marvel ne peut pas refaire l’erreur Endgame
Le fond du problème, il est là. Depuis Endgame, une partie du public a quitté le MCU parce que suivre l’ensemble a fini par ressembler à des devoirs. L’augmentation du nombre de films et de séries n’a fait qu’aggraver cette fatigue.
Avengers: Doomsday, qui sortira le 18 décembre, reste le 39e film d’un univers partagé. Il ne pourra jamais fonctionner exactement de la même manière pour les nouveaux venus et pour les fans de la première heure. Mais Marvel doit éviter une dépendance trop lourde au passé, surtout à la façon de Endgame, avec ses longues séquences construites sur le souvenir précis d’anciens films. Si Doomsday veut ramener ceux qui ont lâché l’affaire, il faudra intégrer le contexte essentiel dans le film lui-même. Pas demander au public de faire ses devoirs avant la séance.