Le carton de Backrooms pousse A24 vers une suite, mais les négociations avec Kane Parsons coincent sur deux dossiers explosifs, de l’IA aux fans.
En bref
- A24 veut signer Kane Parsons pour lancer Backrooms 2, mais la concurrence est forte.
- Le partenariat d’A24 avec Google DeepMind contraste avec l’opposition affichée du réalisateur à l’IA générative.
- Après le succès de Backrooms, A24 doit conserver son réalisateur et rassurer la communauté.
Environ 65 millions de dollars sur trois ans, et peut-être plus avec bonus. Voilà le vrai décor de Backrooms 2. Si la suite semble presque évidente après le carton du premier film, elle dépend surtout d’une négociation tendue entre A24 et Kane Parsons, le cinéaste de 20 ans que tout le monde veut désormais signer.
Le deal qui peut verrouiller Backrooms 2
D’après les discussions en cours, A24 tente d’obtenir un accord de first-look de trois ans avec Kane Parsons, pour plus de 65 millions de dollars, avec un bonus s’il boucle deux longs-métrages dans cette fenêtre. Et oui, une suite de Backrooms ferait déjà partie des projets évoqués.
Le problème, c’est que rien n’est signé. Warner Bros. Pictures, Universal Pictures et Sony Pictures Entertainment tournent aussi autour du réalisateur. A24 a même essayé d’ajouter des projets télé à son offre, mais Kane Parsons aurait refusé, préférant vendre séparément ses idées de séries. En gros, le studio qui a lancé le phénomène n’a pas du tout verrouillé son talent maison.
Kane Parsons et l’IA, une collision frontale
Pendant la promo de Backrooms, Kane Parsons a été limpide sur l’IA générative. Il a dit à The Australian que, s’il pouvait la faire disparaître d’un claquement de doigts, il le ferait. Et il a ajouté qu’il n’en retirait aucun plaisir créatif, estimant que ces outils ratent carrément le sens même du cinéma.
Quelques semaines plus tard, mauvaise synchro pour A24. Le studio a signé un partenariat de recherche avec la division DeepMind de Google, pour 75 millions de dollars, afin de développer des outils d’IA pour les cinéastes. A24 assure que cela ne ressemblera pas aux outils génératifs à prompts qui cristallisent les critiques. Sauf que côté image, c’est franchement bancal. Le studio a profité du plus gros succès de son histoire avec un réalisateur anti-IA très vocal, puis investit dans l’IA juste après.
La colère des fans complique encore tout
Comme si ça ne suffisait pas, A24 s’est aussi attiré des critiques après des retraits pour copyright visant des fonds d’écran, des motifs textiles et des jeux indépendants inspirés de Backrooms. Certains existaient même avant la série web de Kane Parsons.
Et ce détail compte beaucoup. Le mythe des Backrooms vient d’une creepypasta ouverte, nourrie collectivement sur Reddit et 4chan, depuis 2019. Kane Parsons a lui-même rappelé sur Reddit que ces retraits « ne devraient pas avoir lieu ». Puis, sur Discord, il a expliqué avoir échangé avec A24, qui a parlé d’une erreur externalisée pour les wallpapers et d’une possible implication d’un tiers. Mais il a aussi dit qu’il demandait « des réformes et des réponses », tout en précisant que le studio était « très clairement du côté de la communauté ici ».
Pourquoi A24 ne peut pas se rater ?
Parce que Backrooms, ce n’est pas juste un hit de plus. Adapté de la série YouTube de Kane Parsons, le film a transformé un budget de dix millions de dollars en plus gros week-end d’ouverture de toute l’histoire d’A24. Kane Parsons est aussi devenu le plus jeune réalisateur à prendre la tête du box-office domestique.
Bref, A24 joue gros. Garder son jeune prodige, lancer Backrooms 2, calmer la communauté et éviter que le dossier IA ne fasse tout dérailler. Le film, lui, est déjà disponible sur Amazon Prime Video et Apple TV.