Bienvenue à Derry : la série résout un problème majeur de Stranger Things depuis des années

Image d'illustration. It: Welcome to DerryHBO / PR-ADN
La série "Welcome To Derry", inspirée de l’univers de "Ça", parvient à résoudre un problème majeur rencontré depuis longtemps par "Stranger Things" : la gestion de son intrigue principale, en offrant une narration plus cohérente et maîtrisée.
Tl;dr
- Hawkins reste peu crédible face aux bouleversements subis.
- Derry offre une représentation plus nuancée des habitants.
- Espoir d’une meilleure écriture pour la fin de Stranger Things.
Hawkins, un décor qui peine à convaincre
Dans le vaste paysage des séries fantastiques, l’évolution du traitement de la petite ville de Hawkins dans « Stranger Things » soulève aujourd’hui des questions. Malgré les bouleversements majeurs survenus lors du final explosif de la saison 4 — on se souvient de la ville littéralement scindée en deux par l’intrusion du Upside Down — le quotidien des habitants semble retrouver une normalité presque absurde au début de la cinquième saison. Même sous quarantaine militaire, la population fait preuve d’un détachement surprenant, comme si rien ne s’était réellement passé.
Derry : une ville piégée par son monstre
Pour saisir l’écart narratif, il suffit d’observer la manière dont Derry, théâtre de « Ça : Bienvenue à Derry » diffusé sur HBO Max, est mise en scène. S’appuyant sur le matériau dense de Stephen King et l’adaptation cinématographique d’Andy Muschietti, la série parvient à camper en seulement quelques épisodes une communauté complexe et crédible. Les enfants y vivent dans la terreur face au monstre métamorphe Pennywise (Bill Skarsgård) tandis que les adultes, bien qu’apparemment inconscients du danger, sont manipulés dans leurs émotions et leurs souvenirs. Là-bas, le mal insuffle directement ses pulsions dans les esprits et façonne les comportements collectifs — ce qui donne du relief à chaque personnage secondaire.
L’apathie problématique de Hawkins
En comparaison, les résidents de Hawkins semblent n’être que des figurants. Après tant d’événements tragiques — disparitions inexpliquées, morts violentes ou phénomènes surnaturels en pleine rue — leur passivité surprend. On attendrait d’une petite ville américaine qu’elle réagisse vivement à chaque disparition d’enfant ; pourtant, c’est à peine si les adultes sortent du lot ou expriment des émotions tangibles. Certes, la série montre une chasse injuste contre le marginal Eddie Munson (Joseph Quinn) lors d’une vague de panique satanique, mais au-delà de cette réaction collective ponctuelle, l’écriture reste superficielle.
Bilan : un espoir pour la conclusion ?
Si « Stranger Things » s’est imposée comme un succès planétaire depuis 2016 grâce à ses ados menés par Eleven (Millie Bobby Brown) et ses monstres fascinants tels que Vecna (Jamie Campbell Bower), elle pêche encore sur le plan humain dès qu’il s’agit de faire exister sa communauté. À rebours, « Ça : Bienvenue à Derry » ose plonger dans l’ambivalence morale et psychologique des habitants. Espérons que les ultimes épisodes offriront enfin à Hawkins et ses citoyens ce supplément d’âme attendu par tant de spectateurs.
À noter : « Ça : Bienvenue à Derry » est disponible sur HBO Max ; la saison 5 (volume 1) de « Stranger Things » peut être découverte sur Netflix.
