Black Phone 2 innove là où la plupart des films d’horreur slasher n’osent pas s’aventurer

Image d'illustration. Black Phone 2Blumhouse Productions / PR-ADN
La suite du film d’horreur Black Phone se démarque dans l’univers des slashers en adoptant une approche rare pour le genre. Ce second opus promet ainsi de surprendre les amateurs, tant par ses choix narratifs que par sa réalisation.
Tl;dr
- Le tueur The Grabber ne tue personne dans le présent.
- L’intrigue mêle rêves, passé sanglant et enquête familiale.
- Un parti pris audacieux dans le genre slasher traditionnel.
Un slasher qui casse les codes
Lorsque Scott Derrickson et C. Robert Cargill se sont attelés à la suite de « The Black Phone » avec le soutien de Blumhouse et Universal Pictures, tout portait à croire que le second volet miserait sur la surenchère. Pourtant, « Black Phone 2 », actuellement en salles, fait un choix radical et inattendu : son compte de victimes, un indicateur central du genre slasher, demeure nul dans la chronologie présente du film. Aucun personnage majeur ou secondaire n’y trouve la mort face au célèbre tueur masqué interprété par Ethan Hawke.
L’ombre du passé plane sur Alpine Lake
L’intrigue met en scène un The Grabber revenu hanter la famille de Finn, l’adolescent survivant du premier opus. Mais cette fois, c’est sa sœur Gwen qui devient la cible principale, assaillie par des visions nocturnes inquiétantes via le mystérieux téléphone noir. Plongée dans des rêves où elle assiste à la traque macabre de trois jeunes garçons dans un camp d’hiver nommé Alpine Lake, Gwen entraîne son frère Finn – désormais âgé de 17 ans – sur les traces du tueur durant une tempête glaciale.
Meurtres en flashbacks et héritage familial
Au fil de leur enquête, les révélations s’accumulent : l’assassin n’est autre qu’un ancien employé du camp Alpine Lake, responsable du meurtre des trois garçons dont Gwen perçoit les appels à l’aide. Un retournement narratif révèle même que la mère de Finn et Gwen a été tuée par The Grabber – son décès maquillé en suicide. Ainsi, toutes les morts ne surviennent qu’à travers des flashbacks glaçants ou des songes funèbres.
Pour ceux qui apprécient le genre slasher pour ses listes de victimes toujours plus longues – à l’image de Michael Myers dans « Halloween Kills », qui a fait tomber pas moins de 30 personnes – ce choix scénaristique peut surprendre. Voici ce qui distingue ce nouvel opus :
- Aucun meurtre direct dans l’histoire contemporaine.
- Mystères centrés sur la résolution d’anciennes disparitions.
- Mise en avant du trauma et des liens familiaux.
Une approche risquée mais saluée
Rien d’innocent ici : en privilégiant l’atmosphère pesante et la tension psychologique sur l’escalade sanglante, Derrickson et Cargill signent un film qui interroge la mécanique même du slasher. Une démarche déjà perceptible dans « Sinister » où l’horreur surgissait principalement par le biais d’archives macabres. Ce choix créatif se démarque franchement au sein d’un cinéma d’horreur parfois enlisé dans la répétition. Alors, faut-il s’attendre à voir The Grabber surgir ailleurs ? L’avenir – et une possible suite – nous le dira.
