Ces 5 films de mythologie oubliés méritent encore le détour

Sinbad Legend of the Seven Seas
Sinbad Legend of the Seven Seas — DreamWorks Animation / PR-ADN

Le retour des récits mythologiques remet en lumière cinq films passés sous le radar, de l’anime culte au rock opera futuriste.

En bref

  • La mythologie refait surface au cinéma
  • Cinq films oubliés tiennent toujours la route
  • Anime, tragédie grecque, animation, rock opera

Le retour des récits mythologiques sur grand écran change un peu la perspective. On regarde de nouveau vers les textes antiques, les héros cassés, les dieux capricieux. Et dans ce mouvement, cinq films longtemps laissés de côté ressortent pour une raison simple, ils ont encore quelque chose à dire.

Quand la mythologie revient, ces films ressortent du brouillard

Si Christopher Nolan a prouvé avec The Odyssey qu’un mythe archi connu pouvait retrouver du nerf, le vrai sujet est peut-être ailleurs. Le cinéma n’a jamais manqué de matière. Il a surtout parfois oublié des œuvres coincées entre un échec au box-office, une sortie trop discrète ou une diffusion limitée hors de leur pays.

Résultat, on retrouve aujourd’hui des films très différents, mais portés par la même idée, la mythologie n’a pas besoin d’être modernisée à outrance pour rester vive.

Deux animes, deux façons de tordre les dieux

Du côté japonais, The Great Adventure of Horus, Prince of the Sun reste un cas fascinant. Grosse claque artistique, énorme flop financier à l’époque, puis statut de film fondateur. C’est le premier long métrage réalisé par Isao Takahata, avec déjà une collaboration avec Hayao Miyazaki, bien avant Studio Ghibli. L’histoire reprend une épopée du peuple aïnou, déplacée dans une Scandinavie mythique de l’âge du fer, avec Horus, une épée volée au soleil et le démon Grunwald. Même presque 60 ans plus tard, son animation garde une fluidité assez folle.

Et puis il y a Arion. Là, on passe à une autre énergie, plus sombre, plus 80s, plus brutale. Yoshikazu Yasuhiko prend la mythologie grecque comme terrain de jeu pour une quête de vengeance, avec un héros élevé par Hadès et lancé contre Zeus. Ce n’est pas une adaptation stricte d’un mythe, mais le film garde ce qui fait le sel des dieux grecs, leur mesquinerie, leur cruauté, leurs manipulations. Le cadre mythologique sert ici une vraie fantasy noire.

La tragédie grecque n’a rien perdu de sa force

Plus sec, plus frontal, Iphigenia de Michael Cacoyannis reste sans doute le plus déchirant du lot. Le film reprend le destin d’Iphigénie, fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, promise au sacrifice sur ordre d’Artémis avant la guerre de Troie.

Ce qui tient encore, clairement, c’est l’échelle du drame. Le film a du souffle, mais il ne lâche jamais l’intime. Agamemnon n’est pas juste un roi piégé, c’est un homme vidé par la politique, la foi et le devoir. Et la performance de la jeune Tatiana Papamoschou, 13 ans à l’époque, donne au film une douleur très concrète. Pas étonnant qu’Iphigenia ait décroché une nomination aux Oscars et une autre à la Palme d’or.

Du pirate animé au rock opera cyberpunk

Dans un registre beaucoup plus pop, Sinbad: Legend of the Seven Seas rappelle à quel point le premier DreamWorks osait des choses. Mélange de 2D et de 3D, casting vocal avec Brad Pitt, Catherine Zeta-Jones et Michelle Pfeiffer, monstres, dieux, combats à l’épée et même un très bon chien sur un bateau pirate. Le film traîne un vrai problème de blanchiment de ses inspirations arabes, avec un Sinbad devenu pirate sicilien dans une aventure d’inspiration gréco-romaine. Mais visuellement, ça tient encore, et son échec a pesé lourd, au point de pousser DreamWorks à abandonner la 2D traditionnelle.

À l’opposé, O’Dessa prend le mythe d’Orphée et Eurydice pour en faire un rock opera cyberpunk. Sadie Sink y joue une jeune musicienne dans un futur post-apocalyptique ravagé par le plazma, amoureuse d’Euri, pendant qu’un magnat des médias, Plutonovich, anesthésie la population avec une émission de téléréalité. L’idée est maligne, presque trop évidente après coup. Transformer Hadès en patron de spectacle, c’est une lecture très pop, mais aussi très juste sur ce que le mythe peut encore raconter à moyen terme.

Morgan Fromentin

Éditeur·rice

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