Des blockbusters aux récits plus intimes, Christopher Nolan répète quatre motifs très précis. Et The Odyssey ne fait clairement pas exception.
En bref
- Christopher Nolan répète quatre motifs majeurs
- The Odyssey reprend aussi cette grammaire
- Obsession, exposition, effets pratiques, présence féminine
On parle souvent de la variété du cinéma de Christopher Nolan. C’est vrai. Il a touché à presque tous les genres, entre créations originales et adaptations, avec une filmographie qui s’étale sur plus de trente ans. Mais quand on regarde d’un peu plus près, il y a une mécanique très stable sous la surface.
Des héros qui ne lâchent jamais rien
Le trait le plus évident, c’est sans doute là. Les personnages principaux de Nolan ne sont pas seulement motivés, ils sont obsédés. Dans la trilogie The Dark Knight, Bruce Wayne vit pour sa croisade. Dans Inception, Cobb veut se racheter et retrouver ses enfants. Dans Oppenheimer, la science devient presque une force qui dévore tout.
Et The Odyssey reste dans cette logique. Odysseus y est obsédé par son retour, mais aussi par la mémoire, au moins jusqu’au moment où il la récupère. Ce qui est intéressant, c’est que ce motif ne produit jamais exactement le même film. Chez Nolan, l’obsession peut sauver un homme, ou le casser.
Le grand spectacle, mais sans triche facile
Autre constante, bien plus concrète, l’usage des effets pratiques. Oui, Nolan utilise des images numériques quand il le faut. Mais ses scènes les plus marquantes reposent souvent sur du réel. Le camion qui se retourne dans The Dark Knight, c’est tourné en pratique. Le combat dans le couloir d’Inception vient d’un décor capable de pivoter sur 360 degrés. L’avion qui percute un bâtiment dans Tenet, même logique. Idem pour la bombe dans Oppenheimer.
Le cas de The Odyssey est sans doute le plus parlant. On pouvait s’attendre à un déluge de CGI. À la place, Nolan passe par la perspective forcée et d’autres techniques du même genre pour fabriquer des images épiques. Franchement, la cohérence technique force le respect.
Chez Nolan, il faut toujours un moment d’explication
Ses films aiment aussi les gros paquets d’informations. Pas juste une réplique qui clarifie un détail, non. Un vrai moment où un personnage pose les règles du monde. Inception en est l’exemple parfait, avec une bonne partie de sa première moitié consacrée à expliquer l’exploration des rêves, afin que le spectateur comprenne ce qui est en train de se jouer avant que tout déraille.
Même The Odyssey reprend ce réflexe. Le film s’ouvre sur une forme d’exposition, avec le barde joué par Travis Scott qui raconte l’histoire d’Odysseus. Le procédé colle au récit antique, mais c’est aussi du pur Nolan.
Une présence féminine qui poursuit le héros
Enfin, il y a ce motif plus intime. Dans presque chaque film, une femme, souvent un amour ou un ancien amour, pèse lourdement sur le héros. Dans Memento, ce sont les souvenirs de l’épouse morte de Leonard. Dans Inception, Mal hante littéralement Cobb. Dans The Odyssey, Odysseus avance avec l’idée persistante qu’il a quelqu’un à aimer chez lui.
L’exemple le plus fort reste peut-être Rachel Dawes. Introduite dans Batman Begins, elle continue de définir les choix de Bruce Wayne dans The Dark Knight, puis jusque dans The Dark Knight Rises à travers le deuil. Et c’est peut-être ça, le plus fascinant chez Nolan, cette façon de répéter les mêmes motifs sans donner l’impression de refaire le même film.