George R.R. Martin souhaite que Guillermo Del Toro porte à l’écran son roman de vampires méconnu

Image d'illustration. Fevre DreamGeorge R. R. Martin / PR-ADN
L’auteur George R.R. Martin exprime son souhait de voir Guillermo Del Toro porter à l’écran son roman de vampires, souvent méconnu du grand public. L’écrivain espère ainsi offrir une nouvelle vie à cette œuvre jugée sous-estimée.
Tl;dr
- George R.R. Martin veut Del Toro et Perlman pour « Riverdream ».
- Le roman mêle vampires, esclavage et ambiance sudiste.
- L’adaptation ciné reste incertaine malgré l’enthousiasme des auteurs.
Un rêve de cinéma autour de « Riverdream »
Lorsque l’on évoque l’univers de George R.R. Martin, les dragons de Westeros viennent immédiatement en tête. Pourtant, bien avant le raz-de-marée « Game of Thrones », un autre récit hantait l’esprit de l’auteur : son roman de 1982, « Riverdream ». Cette histoire de vampires sur le Mississippi continue d’inspirer Martin, qui n’a jamais caché son désir d’en faire une adaptation ambitieuse pour le grand écran.
L’appel à Guillermo del Toro… et Ron Perlman
Pour concrétiser ce projet, Martin rêve d’un duo déjà légendaire dans le monde du fantastique : Guillermo del Toro derrière la caméra et Ron Perlman dans la peau du colossal capitaine Abner Marsh. Les deux hommes se connaissent bien ; Perlman, acteur fétiche de del Toro depuis « Cronos », a aussi croisé la route de Martin dans la série « Beauty and the Beast » à la fin des années 1980. Pour l’écrivain, Perlman incarne parfaitement la carrure brute et le tempérament explosif d’Abner Marsh, un homme rustre mais passionné par sa goélette lancée sur les eaux troubles du Sud esclavagiste.
Une autre figure familière pourrait s’y glisser : Charles Dance. Remarqué chez del Toro récemment et inoubliable Tywin Lannister à l’écran, il pourrait offrir un contre-emploi subtil au personnage complexe du vampire Joshua York.
L’univers sombre du Mississippi : entre Stoker, Twain et Anne Rice
La force du roman tient dans sa capacité à fusionner plusieurs héritages littéraires. Imaginez un croisement entre Bram Stoker et Mark Twain, où les suceurs de sang arpentent les rives brumeuses du Mississippi façon « Huckleberry Finn ». À cela s’ajoute une dimension sociale aiguë : « Riverdream » aborde frontalement le thème de l’esclavage, incarnant les vampires comme prédateurs dont les victimes sont assimilées à du bétail — métaphore glaçante des réalités raciales d’alors.
Ce contexte n’est pas sans rappeler certains récits contemporains ; on pense notamment au film « Sinners » de Ryan Coogler, qui transpose lui aussi la figure vampirique dans une Amérique déchirée par ses démons intimes.
L’attente d’une adaptation… encore hypothétique
Malgré ce potentiel dramatique immense, l’avenir cinématographique de « Riverdream » demeure en suspens. Si del Toro a publiquement manifesté son intérêt — tout en avouant être débordé par une liste interminable de projets non réalisés, comme « At The Mountains of Madness » — rien n’indique qu’un film verra prochainement le jour. Le roman a bien connu une adaptation en bande dessinée sous la plume de Daniel Abraham, mais le rêve d’un long-métrage reste aussi fragile que celui des héros martiniens : insaisissable, peut-être éternellement reporté.
Pourtant, il est difficile d’imaginer que cette œuvre hybride — mélange unique d’horreur gothique et d’exploration sociale — ne finisse pas par attirer enfin projecteurs et caméras. En attendant, amateurs de sud gothique, d’intrigues vampiriques ou simplement du style ciselé de Martin trouveront dans « Riverdream » un trésor méconnu à (re)découvrir.
