Hacks met le feu au débat sur l’IA

Image d'illustration. HacksHBO / PR-ADN
La série télévisée Hacks de HBO oppose sensibilité artistique et logique technologique basée sur la rentabilité.
Tl;dr
- L’intelligence artificielle est vue comme une technologie désormais incontournable dans les industries créatives, avec un débat entre adaptation et refus de sa logique jugée “inévitable”.
- Dans la série Hacks, une scène met en opposition une scénariste et un investisseur qui veut utiliser l’IA pour exploiter le travail artistique via une application, ce qui provoque une forte contestation.
- Le cœur du débat oppose l’idée d’une production automatisée et rentable à la défense d’une création humaine fondée sur l’expérience, la sensibilité et l’originalité.
Le débat sur l’inévitabilité de l’intelligence artificielle
Lors du récent Festival de Cannes, l’actrice oscarisée Demi Moore s’est exprimée sans détour sur la place croissante de l’intelligence artificielle dans le secteur créatif. À ses yeux, inutile de lutter : « L’IA est là. Et donc la combattre, c’est combattre quelque chose dont nous perdrons la bataille. Donc, trouver des moyens de travailler avec elle me semble être une voie plus précieuse à emprunter », a-t-elle confié au micro de Variety. Un avis partagé par d’autres pointures hollywoodiennes, telles que Reese Witherspoon, qui exhortent à « s’adapter ou être dépassé ». Pourtant, cette posture divise.
L’autre versant du discours : la résistance s’organise
Pourtant, une tout autre vision émerge dans la troisième saison de la série satirique Hacks, diffusée sur HBO Max. L’épisode clé met en scène un échange tendu entre la comédienne Deborah Vance (Jean Smart) et sa scénariste Ava Daniels (Hannah Einbinder). Face à un investisseur technophile qui rêve d’exploiter le travail des artistes via une application dopée à l’IA, Ava Daniels s’insurge : « Cette soi-disant inévitabilité forcée… c’est vous qui la créez… Donc vous vous contentez de dire : « Oh, le train est déjà sur les rails », et vous ne laissez pas les gens décider par eux-mêmes ». Cette réplique sonne comme un manifeste contre la fatalité technologique.
L’art face à la tentation du tout-algorithme
Si Demi Moore nuance son propos : « La vérité, c’est qu’il n’y a vraiment rien à craindre, parce que ce que cela ne pourra jamais remplacer, c’est ce d’où vient le véritable art, qui n’est pas le physique, mais qui vient de l’âme… », certains observateurs restent sceptiques. Pour eux, il serait illusoire de croire que les promoteurs de l’IA générative, ou des dirigeants en quête de rentabilité rapide, hésiteront longtemps avant d’écarter scénaristes ou acteurs au profit d’algorithmes productifs. La multiplication des productions dites « Netflix movies », œuvres formatées et simplifiées à l’extrême, inquiète déjà nombre d’amateurs éclairés.
L’enjeu : ne pas céder à la résignation collective
Accepter passivement cette dynamique reviendrait selon certains à sacrifier la qualité même des films et séries que tant apprécient. Refuser que « l’inéluctable » devienne prétexte au renoncement apparaît dès lors comme une position légitime : défendre aujourd’hui la création humaine n’est peut-être pas qu’une posture passéiste, mais une exigence pour l’avenir du cinéma et de la télévision.
