Il y a 28 ans, une suite ratée d’Alien gâchait un concept prometteur avec une fin désastreuse

Image d'illustration. Alien Resurrection20th Century Fox / PR-ADN
Il y a 28 ans, la saga Alien tentait de poursuivre son succès avec un nouvel opus qui, malgré une idée prometteuse, n’a pas su convaincre. Aujourd’hui, cet épisode reste surtout marqué par une conclusion vivement critiquée.
Tl;dr
- Le retour de Ripley déçoit dans Alien: Resurrection.
- Le traitement des thèmes du clonage et des synthétiques reste superficiel.
- La créature Newborn peine à convaincre et à effrayer.
Une héroïne, un arc achevé… puis une résurrection discutable
Difficile de penser à la science-fiction au cinéma sans évoquer Ellen Ripley, figure majeure d’un genre qui lui doit tant. À travers les trois premiers volets de la saga Alien, l’évolution du personnage incarné par Sigourney Weaver reste exemplaire : simple salariée confrontée à l’horreur dans le premier film, guide chevronnée pour des soldats dépassés dans Aliens, puis sacrifiée, seule contre tous, au terme d’un parcours éprouvant dans Alien 3. Cette trajectoire semblait scellée, limpide et touchante.
Resurrection, ambitions contrariées et thématiques survolées
Or, en 1997, la franchise décide de ressusciter son icône avec Alien: Resurrection. Sur le papier, le choix pouvait intriguer. Mais à l’écran, malgré la présence de Weaver, l’alchimie ne prend guère. La question du clonage – point d’ancrage du récit – ne reçoit qu’un traitement expéditif. Quelques scènes tentent bien d’aborder le dilemme éthique entourant ce retour artificiel, mais elles restent en surface. Le spectateur hérite d’une Ripley altérée : plus distante, dépourvue de la profondeur émotionnelle qui fit sa force.
L’Auton Call : une idée avortée
Le film aurait pourtant pu briller en développant son autre grand thème : l’intégration des synthétiques via le personnage d’Annalee Call, incarnée par Winona Ryder. Ici encore, la promesse n’est pas tenue. L’ambivalence de Call – quelque part entre froideur robotique et velléité humaine – n’est qu’effleurée. Son obsession pour l’élimination de Ripley 8 semble dictée par un programme intérieur plus que par une véritable complexité narrative.
Voici quelques éléments que le film laisse en suspens ou traite maladroitement :
- L’histoire inexploitée de la révolte des Autons contre leurs créateurs.
- L’absence d’enjeux émotionnels forts autour du clonage.
- L’identité troublante et peu convaincante du « Newborn » hybride.
Un monstre dérangeant… mais peu mémorable
Le dernier acte mise tout sur le « Newborn », fruit improbable du mélange ADN humain-Xénomorphe. Visuellement marquant, mais étonnamment risible avec ses traits humanoïdes expressifs, il suscite plus la gêne que la terreur. Même lors de séquences violentes – à l’image de la mort grotesque infligée à un scientifique –, l’effet retombe vite. On peine alors à y retrouver l’angoisse sourde propre à un vrai film Alien. En définitive, si certains saluent la volonté de renouveler la formule, nombreux sont ceux pour qui cette tentative tourne court. Impossible de confondre ce chapitre avec les meilleurs épisodes du mythe… même vingt-six ans après sa sortie en salles.
