Il y a 40 ans, la suite de King Kong par Paramount voyait le jour — et reste la moins appréciée de la saga

Image d'illustration. King Kong LivesDino De Laurentiis Company / PR-ADN
Sorti il y a quarante ans, le deuxième volet de la saga King Kong produit par Paramount reste tristement célèbre. Cette suite, régulièrement critiquée, continue d’être considérée comme l’épisode le plus faible de toute la franchise cinématographique.
Tl;dr
- Le remake de 1976 n’a pas répondu aux attentes.
- « King Kong Lives » propose un scénario extravagant et critiqué.
- Succès mitigé : flop américain, triomphe soviétique.
Un retour inattendu du géant Kong
Il y a des films dont la simple idée fait sourire – c’est le cas de « King Kong Lives », suite improbable du remake produit en 1976 par Dino De Laurentiis. Après l’immense succès de l’original signé RKO Radio Pictures en 1933, la version des années 70, portée par Jeff Bridges, Charles Grodin et une toute jeune Jessica Lange, ambitionnait de réitérer l’exploit de « Jaws ». Malgré une performance honorable – près de 91 millions de dollars à l’international, pour un budget de 23 millions –, le résultat resta loin des espérances. Pourtant, dès l’année suivante, De Laurentiis annonçait déjà vouloir ressusciter la star simiesque : « Kong is a star. We are going to have a new story, a new Kong. »
L’intrigue loufoque d’une résurrection
Dix ans plus tard, « King Kong Lives » voit donc le jour avec une audace déconcertante. Cette fois-ci, le monstre géant n’est pas mort… mais plongé dans un coma après sa chute fatidique des tours jumelles. C’est là qu’intervient Linda Hamilton, chirurgienne incarnant Dr Amy Franklin : pour sauver Kong, il lui faut rien de moins qu’une transplantation cardiaque ! Mais sans transfusion sanguine provenant d’un autre gorille titanesque, la partie semble perdue. L’espoir renaît avec la découverte d’une femelle baptisée « Lady Kong », ce qui donne lieu à une alliance rocambolesque entre scientifiques et aventuriers.
Dérive totale vers l’absurde… et réception glaciale
L’enchaînement devient franchement farfelu : réveillé, Kong s’échappe pour rejoindre sa compagne ; s’ensuit une cavale bucolique interrompue par l’armée menée par le fantasque lieutenant-colonel Nevitt (John Ashton). On assiste alors à la capture de Lady Kong, à des affrontements débridés et même – apothéose absurde – à la naissance d’un bébé géant lors d’une scène quasi-sitcom.
Dans ce foisonnement d’idées extravagantes se cachait toutefois une ambition technique. Il fallait bien financer trois costumes imposants (Kong, Lady Kong et leur progéniture) ainsi que les scènes spectaculaires : chirurgie démesurée, combats épiques… Mais avec seulement 18 millions de dollars de budget, soit moins que son prédécesseur, difficile d’éviter l’aspect kitsch.
Voici quelques éléments qui expliquent son accueil glacial :
- Critiques acerbes : à peine 8% sur Rotten Tomatoes.
- Bide au box-office américain : seulement 4,7 millions récoltés.
- Cultissime… en URSS : film étranger le plus vu cette année-là.
Kong : entre culte décalé et oubli rapide
Si le « King Kong » de De Laurentiis flirtait déjà avec l’auto-dérision, sa suite plonge tête baissée dans un registre quasi-parodique. Entre passages interminables et histoire d’amour improbable entre deux primates géants – et leurs humains respectifs –, rares sont les spectateurs restés jusqu’au bout. La légende voulait-elle vraiment être ramenée à la vie ? Difficile à dire tant cette aventure laisse perplexe… sauf peut-être derrière le rideau de fer où elle a trouvé un public fidèle.
