Le film qui a changé le destin de Star Trek

Image d'illustration. Star TrekParamount / PR-ADN
Sans ce pari osé de Paramount, la franchise Star Trek n’aurait peut-être jamais conquis le grand écran.
Tl;dr
- Michael Eisner perçoit le potentiel de Star Trek et décide de l’imposer comme une grande franchise cinématographique à la fin des années 1970.
- La production de Star Trek: The Motion Picture est marquée par de lourdes difficultés artistiques, techniques et budgétaires.
- Malgré un succès mesuré, le film lance durablement l’expansion de Star Trek au cinéma et à la télévision.
La vision d’un dirigeant audacieux
Lorsqu’on évoque l’univers de la pop culture, difficile d’imaginer le paysage sans l’immense empreinte laissée par Star Trek. Pourtant, il aura fallu une décision majeure, portée par Michael Eisner, pour que la saga prenne une nouvelle dimension en passant du petit au grand écran. Fraîchement nommé président de Paramount en 1976, Michael Eisner n’a pas tardé à percevoir le potentiel sous-estimé d’une franchise qui, bien que sa série originelle ait pris fin en 1969, n’avait rien perdu de son attrait auprès du public.
Un contexte propice et des ambitions affichées
À cette époque, le cinéma américain vibrait déjà au rythme des succès phénoménaux de la science-fiction : Star Wars pulvérisait les records dès 1977, et Steven Spielberg triomphait avec Rencontres du troisième type. C’est dans ce sillage que Michael Eisner ose déclarer devant le New York Times en janvier 1979 : « Star Trek sera le plus grand film que nous ayons jamais réalisé ». Pour lui, il s’agissait avant tout de comprendre qu’une audience fidèle existait déjà ; il suffisait de transposer cet engouement vers une production d’envergure cinématographique.
Les défis techniques et humains d’une superproduction
La transition ne fut cependant pas un long fleuve tranquille. Sous la direction de Robert Wise, Star Trek: The Motion Picture a connu un tournage chaotique : hésitations sur le scénario, problèmes de casting — Leonard Nimoy faillit ne pas rempiler dans le rôle de Spock — ainsi que des complications budgétaires et techniques inédites. Michael Eisner confiait même : « Nos équipes techniques ont un appétit insatiable. Elles poursuivraient encore dix ans si on les laissait faire ! ». À l’arrivée, l’addition dépassa les 40 millions de dollars, une somme colossale pour l’époque.
Voici les principales difficultés rencontrées lors de cette production :
- Dépassement conséquent du budget initial.
- Tensions autour du scénario et du casting.
- Difficultés liées aux effets spéciaux innovants.
L’héritage durable d’un pari risqué
Bien que le film n’ait pas explosé le box-office — ses recettes atteignant tout de même 139 millions de dollars, il a permis à la franchise d’envisager sereinement l’avenir. Les suites cinématographiques s’enchaîneront, avec un second opus souvent jugé plus abouti. Si ce virage a mis fin au projet télévisuel Star Trek: Phase II, il a aussi ouvert la voie à des développements majeurs : sept saisons pour The Next Generation, une présence renforcée sur la scène internationale et une multitude de films dérivés.
Au final, c’est en grande partie grâce à la détermination de Michael Eisner que l’univers Star Trek rayonne aujourd’hui encore bien au-delà des frontières du petit écran.
