Il y a 49 ans, un remake majeur d’Hollywood déclenchait un procès aux répercussions toujours actuelles

Image d'illustration. King KongRKO Radio Pictures / PR-ADN
Il y a près d’un demi-siècle, un remake majeur à Hollywood a donné lieu à une bataille judiciaire dont les conséquences juridiques continuent d’influencer l’industrie du cinéma et la production de nouveaux films encore aujourd’hui.
Tl;dr
- Le roman « King Kong » est dans le domaine public.
- Les droits du film de 1933 restent protégés et complexes.
- Remakes multiples ont provoqué des batailles juridiques majeures.
La saga juridique derrière King Kong
S’il est un monstre sacré du cinéma mondial, c’est bien King Kong. Mais derrière sa silhouette emblématique se cache un maquis juridique fascinant, né d’un enchevêtrement de remakes et de revendications contradictoires. En 1976, la sortie du remake produit par Dino De Laurentiis marquait à la fois une prouesse technique – grâce à des talents comme Carlo Rambaldi et Rick Baker – et le point de départ d’une bataille judiciaire qui allait bouleverser les règles du jeu à Hollywood.
Droits, domaine public et confusion réglementaire
Il faut dire que la situation était tout sauf limpide. Officiellement, c’est Dino De Laurentiis qui a été le plus rapide pour décrocher les droits auprès de la maison-mère RKO General, engageant aussitôt le réalisateur John Guillermin, ainsi que des stars comme Jeff Bridges, Charles Grodin et Jessica Lange. Mais pendant ce temps, Universal Pictures élaborait son propre projet de remake, croyant également détenir une option sur le mythe du gorille géant. Or, un détail a tout changé : la découverte que la novélisation originale de l’histoire était passée dans le domaine public. Cela a permis à Universal d’avancer malgré tout, en s’appuyant sur cet ouvrage… ce qui a évidemment déclenché une série de procès croisés entre studios.
L’héritage complexe des versions de King Kong
Cette tempête judiciaire s’est encore complexifiée avec l’intervention du fils de l’auteur originel, Richard Cooper, contestant la légitimité des contrats détenus par RKO. Le verdict est tombé : RKO n’avait plus les droits nécessaires et seule la version romanesque de King Kong appartient désormais au domaine public. Ironie du sort, ce statut libérateur s’accompagne toutefois d’une contrainte : le film culte de 1933 reste lui protégé par le droit d’auteur. Les studios doivent donc composer avec certaines différences entre roman et film pour éviter l’infraction.
Voici quelques-unes des variations notables :
- Kong meurt différemment dans chaque version.
- L’expédition part sur un navire distinct selon le récit.
- Certaines scènes (comme celle du « spider pit ») sont propres au roman.
Kong aujourd’hui : liberté… surveillée
Si l’idée semble alléchante – chacun peut créer sa propre vision de King Kong dès lors qu’il respecte la trame du roman d’origine – il subsiste une zone grise pour toute adaptation trop proche du film initial ou de ses dérivés. Un terrain glissant dont même les poids lourds actuels comme Legendary Pictures, avec leur MonsterVerse, doivent tenir compte. L’annonce en 2022 d’une série par Disney+, toujours en suspens, montre bien combien ce géant du cinéma continue à faire trembler jusqu’aux plus grands studios…
