James Cameron ne veut plus s’excuser pour ses films hors norme. Sa défense des budgets géants dit beaucoup sur la machine Hollywood.
En bref
- Le réalisateur James Cameron défend l’idée qu’un milliard de dollars peut être un pari raisonnable.
- Avec ses nombreux succès au cinéma, il a souvent transformé les risques en victoires.
- James Cameron veut replacer la création au centre des discussions sur les coûts du cinéma.
Si James Cameron peut défendre un film à un milliard de dollars, il le fera. La phrase, lâchée en 2022 dans un portrait de GQ, est brutale, presque provocatrice. Mais elle raconte très bien le personnage, et surtout la façon dont une partie de Hollywood pense aujourd’hui l’investissement.
Le milliard, pour lui, n’est pas un gros mot
Longtemps, James Cameron expliquait qu’il vivait mal le réflexe consistant à réduire ses films à leur coût. Ce temps-là est fini. Il disait en substance que, s’il peut justifier économiquement une telle somme, il la dépensera sans hésiter. Pas pour la brûler, insistait-il, mais pour la donner à des gens qui fabriquent le film. Et il ajoutait qu’un studio peut très bien juger cela plus pertinent qu’un autre placement financier.
Bref, le budget n’est pas le sujet. Le film, si.
Pourquoi sa parole pèse vraiment à Hollywood ?
Ce qui rend cette sortie crédible, c’est le CV. James Cameron n’est pas juste un cinéaste obsédé par le gigantisme. C’est aussi l’un des réalisateurs les plus rentables de l’histoire, juste derrière Steven Spielberg, avec en prime trois films parmi les plus gros succès du box-office mondial au moment où cette déclaration est rappelée.
Il y a eu Terminator, puis Aliens, ensuite Terminator 2, qui reste un étalon du film d’action. Et bien sûr Titanic. Sur ce dernier, il racontait au Times avoir passé les six derniers mois de production avec la certitude absolue que le studio perdrait 100 millions de dollars. On connaît la suite, le film est devenu le plus gros carton de son époque. Pas mal comme façon de clore le débat.
L’argent d’un blockbuster ne disparaît pas
Le point intéressant, quand même, c’est que sa défense dépasse l’ego. James Cameron rappelle qu’un budget massif ne s’évapore pas. Il paie des costumiers, des cadreurs, des monteurs, des cascadeurs, des maquilleurs, des assistants réalisateurs, des chefs électriciens, et des centaines d’autres noms qu’on voit défiler au générique.
Résultat ? Même quand l’industrie ne parle que de rentabilité, de break even et de comptabilité studio parfois très floue, lui ramène la discussion vers quelque chose de simple, faire des films reste le but.
Un discours qui colle à l’époque des plateformes de streaming
Son argument arrive aussi au bon moment. Des groupes technologiques injectent des sommes énormes dans le cinéma sans profit immédiat. Apple, par exemple, dépense environ un milliard de dollars par an sur des films très coûteux, avec des projets signés Martin Scorsese pour Killers of the Flower Moon ou Ridley Scott pour Napoleon. L’idée, là aussi, consiste d’abord à s’installer dans le divertissement filmé.
Du coup, la phrase de James Cameron dépasse largement son cas personnel. C’est la justification la plus franche possible d’un système qui continue à miser très gros, parce qu’au bout de la chaîne, il y a des œuvres, des emplois, et parfois des paris complètement déraisonnables. Les meilleurs viennent souvent de là.