La façon inattendue dont Leslie Nielsen, star de Y a-t-il un flic, revient dans le reboot 2025
Le film reboot de la saga "Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?", prévu pour 2025, trouvera une manière inattendue d’intégrer Leslie Nielsen, l’acteur emblématique de la série originale, malgré sa disparition.
Tl;dr
- Le retour de Drebin Sr. sous forme de hibou.
- Satire malicieuse des suites « legacy » d’Hollywood.
- Clin d’œil à la tendance du surréalisme dans les franchises.
Quand l’absurde s’invite dans la nostalgie hollywoodienne
Dans le paysage actuel des blockbusters, difficile d’ignorer l’omniprésence des « legacy sequels », ces suites tardives où de vieux héros passent symboliquement le flambeau à une nouvelle génération. Mais avec le nouveau « The Naked Gun », le réalisateur Akiva Schaffer, épaulé par les scénaristes Dan Gregor et Doug Mand, choisit un angle inattendu pour traiter l’héritage du mythique Frank Drebin. Plutôt que de céder à la tentation du numérique ou du simple recasting, ils osent ramener l’icône incarnée jadis par Leslie Nielsen… sous la forme d’un hibou bavard – ou plutôt hululement sous-titré.
L’art du clin d’œil sans fan service appuyé
Ce parti pris détonnant permet à la saga de renouer avec son esprit originel : celui d’une parodie burlesque, où tout est permis, surtout l’absurde. La structure narrative reste fidèle à l’esprit des créateurs historiques (Jim Abrahams, David Zucker, Jerry Zucker) : on y croise moult références explicites aux codes des films d’action récents, allant de « Mission: Impossible » à « Basic Instinct », sans jamais verser dans la simple caricature ciblée. La scène pivot voit ainsi le jeune lieutenant Frank Drebin Jr. (Liam Neeson) demander un signe paternel au sein du fictif « Hall of Legends »… avant qu’un hibou ne vienne littéralement bouleverser le cours de l’action.
Les spectateurs attentifs noteront :
- L’usage détourné du passage de témoin traditionnel entre générations.
- L’intégration subtile – et humoristique – des disparus, loin du malaise des doublures numériques.
À travers ces trouvailles, Schaffer évite le piège du fan service pesant et privilégie une écriture pleine de clins d’œil malicieux. Même la fugace apparition de Jane (Priscilla Presley) est traitée avec une délicatesse toute cinématographique.
Drebin le hibou : surréalisme assumé et clin d’œil lynchien ?
Difficile de ne pas faire le lien entre ce choix narratif et certaines œuvres récentes ayant osé transfigurer leurs personnages cultes en entités improbables. L’exemple le plus frappant reste « Twin Peaks: The Return », où feu David Bowie, alias l’agent Jeffries, renaît… sous la forme d’un orbe lumineux sortant d’une bouilloire ! Si « The Naked Gun » ne revendique pas explicitement cette filiation lynchienne, il prolonge ce goût pour le détournement absurde des figures légendaires.
Un vent rafraîchissant souffle donc sur la comédie américaine. Il n’est pas exclu que cette veine surréaliste inspire demain d’autres franchises en quête d’idées neuves – quitte à envisager, pourquoi pas, un retour de Leslie Nielsen en meuble possédé dans une hypothétique suite parodique… Après tout, comme dirait l’autre : « Hey, it could work! »
L’humour comme antidote au mimétisme hollywoodien
Ce nouvel opus prouve que rendre hommage ne signifie pas toujours reproduire à l’identique ni recourir aux recettes attendues. Parfois, il suffit d’une plume – ou d’un hululement bien senti – pour offrir à une saga culte une résurrection aussi improbable qu’irrésistible.
