Oui, Braveheart a bien un prolongement centré sur Robert the Bruce. Le film de 2019 est dispo gratuitement, mais son statut reste très particulier.
En bref
- Robert the Bruce est une suite officieuse de Braveheart, avec Angus Macfadyen reprenant le rôle de Robert.
- Le film raconte son combat de 1306 à 1313, entre la mort de Wallace et la bataille de Bannockburn.
- Produit à plus petite échelle et tourné au Montana, il n’a pas rencontré le succès de Braveheart.
Voir surgir une « suite » de Braveheart vingt-quatre ans plus tard, sans Paramount, sans Mel Gibson et sans le scénariste Randall Wallace, c’est le genre de détail que l’industrie adore laisser dans un coin. Pourtant, elle existe. Robert the Bruce, sorti en 2019 et visible gratuitement sur Pluto, reprend bien le fil laissé par le final du film de 1995.
Une suite sans studio, mais pas sortie de nulle part
Le mot juste, c’est semi-officielle. Pas une suite validée par le studio, pas un vrai sequel estampillé franchise, mais pas non plus un pur opportunisme bricolé. D’abord parce que Robert the Bruce suit la même période historique. Ensuite parce que Angus Macfadyen, qui jouait déjà un Robert plus jeune dans Braveheart, reprend ici le rôle principal.
Et ce n’est pas un détail. L’acteur a aussi produit et coécrit le film, ce qui donne à l’ensemble un côté passion project assez clair. Comme Robert the Bruce est une figure historique réelle, rien n’empêchait légalement un autre film de raconter la suite de son parcours. En gros, le lien est narratif et humain, pas industriel.
Le chaînon manquant entre William Wallace et Bannockburn
Dans Braveheart, William Wallace est exécuté en 1305, puis le film saute jusqu’en 1314 pour montrer Robert achever la lutte pour l’indépendance écossaise. Robert the Bruce se glisse précisément dans cet espace-là.
Le récit démarre en 1306 avec une rencontre entre Robert et John Comyn, incarné par Jared Harris, avant d’avancer jusqu’en 1313. Là, Robert est au bord de l’abandon. Des soldats le capturent pour toucher la prime sur sa tête, il s’échappe, croise d’autres figures violentes et finit par se réfugier dans une grotte. C’est là que le film met en scène la fameuse légende de l’araignée qui ravive sa détermination révolutionnaire.
Un film bien plus modeste que Braveheart
Il ne faut pas attendre un clone de Braveheart. L’échelle n’a rien à voir. Le métrage dure 124 minutes, contre 170 pour le film de Mel Gibson, et passe l’essentiel de son temps dans des bois gelés plutôt que dans de gigantesques batailles.
Le casting, lui aussi, part un peu dans tous les sens. Anna Hutchison, actrice néo-zélandaise, joue Morag, la femme qui recueille Robert. On croise aussi les Américains Melora Walters et Patrick Fugit. Et le tournage s’est fait majoritairement dans le Montana, pas en Écosse. Clairement, on est loin du grand spectacle historique.
Pourquoi personne n’en a vraiment fait un héritier crédible ?
Le film n’a jamais convaincu grand monde. Owen Gleiberman, pour Variety, résumait assez sèchement le problème en écrivant : « Si vous regardiez ce film en faisant un jeu à boire où il faut avaler une gorgée de bière chaque fois que quelqu’un dit « Robert the Bruce », il ne resterait plus personne de sobre ». Ambiance.
Mais le vrai coup dur, c’est peut-être le timing. Un an plus tôt, Netflix avait déjà occupé ce terrain avec Outlaw King, porté par Chris Pine et centré sur la même période. Ce n’était pas un chef-d’œuvre non plus, mais c’était une production autrement plus musclée. Résultat, cette suite officieuse de Braveheart a surtout prouvé une chose, les franchises ne meurent jamais vraiment, mais elles ne revivent pas toutes.