Avant de devenir une alliée fidèle de Tim Burton, Catherine O’Hara devait mourir dans Batman. Une petite scène, mais pas du tout anodine.
En bref
- Catherine O’Hara devait jouer dans le film Batman réalisé par Tim Burton.
- Son rôle était celui d’une victime du Joker.
- La piste Smylex est la plus solide.
Il y a des castings fantômes qui racontent autant qu’une scène conservée. Celui de Catherine O’Hara dans le Batman de Tim Burton en fait partie, et pour les fans de Beetlejuice, le détail a un vrai goût de timeline alternative.
Un faux raccord fascinant dans la galaxie Burton
Avant même que Michael Keaton n’enfile la cape, il sortait de Beetlejuice pour retrouver Tim Burton sur Batman. Ce passage du chaos pur au Dark Knight avait fait grincer des dents, mais le réalisateur avait tenu bon. Et il aurait pu pousser la réunion un cran plus loin avec Catherine O’Hara, inoubliable Delia Deetz.
En octobre 1988, alors que le tournage démarrait aux studios Pinewood au Royaume-Uni, des publicités publiées dans les comics DC l’annonçaient bien au casting comme une victime du Joker. Un mois plus tôt, dans le Toronto Star, l’actrice racontait que Burton lui avait proposé un tout petit rôle, avec des excuses à la clé parce qu’il s’agissait d’une scène de mort. Et la formule du cinéaste était limpide : « C’est vraiment petit mais c’est vraiment important. C’est la seule manière pour les gens de voir comment le Joker va détruire le monde ».
La piste la plus crédible mène au Smylex
Reste la vraie question. Qui devait-elle jouer ?
Pas vraiment Carl Grissom, le boss mafieux incarné par Jack Palance. Pas idéal non plus pour Alicia, la compagne maltraitée du Joker, jouée à l’écran par Jerry Hall, puisqu’elle existe dans plusieurs scènes avant de mourir hors champ. La théorie la plus solide vise une autre victime, la présentatrice télé Becky Narita, finalement jouée par Kit Hollerbach.
Le timing colle. En octobre 1988, le scénario avait déjà beaucoup bougé, mais la scène était bien là. Becky Narita couvre les morts liées au Smylex, ce poison disséminé dans des produits de toilette et de beauté à travers Gotham. Puis elle est contaminée à son tour, via un shampooing, et s’effondre dans un rire convulsif. Image sale, mémorable, franchement parfaite pour ce Joker version Jack Nicholson.
Pourquoi cette scène change la lecture du Joker ?
Ce n’était pas une mort gadget. C’était la scène qui révélait au grand public le plan du Joker, quand il pirate un journal télévisé pour transformer l’antenne en pub macabre pour le Smylex. En gros, le film y résume tout son programme, drôle, toxique, spectaculaire.
Du coup, si Catherine O’Hara était bien le premier choix, la logique est redoutable. Son rire très identifiable aurait donné à la scène une couleur encore plus tordue. On comprend aussi pourquoi Burton parlait d’un rôle minuscule mais crucial.
Pourquoi a-t-elle quitté le projet ? Mystère. Les rares détails disponibles ne permettent pas de trancher. Mais elle était présente à la première de Batman et a continué à tourner avec Tim Burton. Pas de brouille, donc. Juste un petit morceau d’histoire pop resté sur le banc de montage.