Sorti sur Netflix, The Strays a provoqué des réactions extrêmes, surtout à cause d’une fin choc. Et le malaise ne vient pas que de l’horreur.
En bref
- The Strays frappe fort sur Netflix avec une histoire qui met les spectateurs mal à l’aise.
- Derrière son côté thriller, le film parle de classe sociale, de famille et d’effacement de soi.
- Une fin controversée empêche The Strays de convaincre totalement.
Sur la plateforme de streaming Netflix, The Strays n’a pas juste attiré des curieux. Le film britannique a fini numéro 1 en février 2026 et, derrière ce carton, on a vu remonter la même réaction un peu partout, des spectateurs secoués, parfois incapables de dormir après la dernière scène. Pas mal de films d’horreur promettent ça. Peu le provoquent vraiment.
Un succès qui met tout le monde mal à l’aise
Ce qui a aidé The Strays, c’est aussi ce qui l’a plombé. L’ombre de Jordan Peele plane partout, de Get Out à Us, avec cette idée d’utiliser les codes du genre pour parler de l’expérience noire. Pour Nathaniel Martello-White, c’est un coup de projecteur évident, mais aussi un piège, parce que les comparaisons montent les attentes très haut.
Le résultat, c’est un film qui buzz fort mais laisse un sentiment bizarre. Certains internautes ont parlé d’une œuvre qui les avait « traumatisés à vie », d’autres ont carrément prévenu de ne surtout pas le lancer avant d’aller dormir. Clairement, la fin a fait le boulot côté choc.
Derrière le choc, un drame social beaucoup plus mordant
Au départ, on suit Cheryl, une femme noire métisse en difficulté dans une cité londonienne, endettée, coincée dans une relation abusive, qui finit par disparaître en laissant derrière elle son compagnon et ses enfants.
Des années plus tard, elle est devenue Neve. Nouvelle voix, nouvelle allure, perruques lisses, vie bourgeoise dans le village huppé de Castle Combe, poste de directrice adjointe dans une école privée, mariée à Ian, mère de Mary et Sebastian. Tout son personnage repose sur le code-switching, sur l’effacement de soi pour se fondre dans un environnement très blanc. Et c’est là que le film est le plus intéressant, quand il regarde cette ascension sociale comme une fuite pure et simple.
Une fin qui a divisé net
Quand Neve repère Marvin et Abi autour de sa nouvelle vie, le film révèle vite qu’il s’agit des enfants abandonnés à Londres. Leur douleur est montrée frontalement, ce qui rend la suite encore plus clivante. Lors d’un gala caritatif, Neve les reconnaît enfin pour ce qu’ils sont, puis tente de les payer pour qu’ils repartent. Mauvaise idée.
Le film bascule alors en home invasion thriller. Marvin, en souffrance psychique, devient violent. Il tue Ian dans la salle de sport familiale en le forçant à soulever trop lourd, pendant qu’une livraison de nourriture chinoise arrive pour l’anniversaire d’Abi. Et là, la scène qui a mis tout le monde KO, Neve ouvre la porte, récupère sa veste et son sac, grimpe sur la moto du livreur et abandonne, encore une fois, ses enfants derrière elle.
Pourquoi ce film compte malgré ses gros ratés ?
Le plus frustrant, c’est que The Strays a de vraies choses à dire. Le script évoque la politique britannique, les écoles qui trahissent les enfants noirs, le climat post-Brexit, même le mépris social dans les comtés aisés comme le Wiltshire. Vous sentez le film social solide, presque brillant, coincé dans un thriller qui force trop le trait.
Bref, le malaise qu’il laisse est réel. Mais pas toujours pour les bonnes raisons. Entre les performances solides, une vraie tension psychologique au début et une exécution très inégale sur la fin, The Strays reste un objet de Netflix qu’on n’oublie pas, même quand on aurait préféré qu’il soit meilleur.