Le culte du muscle chez Marvel

Image d'illustration. MarvelMarvel / PR-ADN
Les plans serrés et les torses saillants participent à la construction du mythe super-héroïque.
Tl;dr
- À Hollywood, et surtout chez Marvel, la transformation physique des acteurs passe souvent par des entraînements extrêmes et parfois des stéroïdes encadrés médicalement.
- Des médecins relativisent les risques lorsqu’il s’agit d’un usage ponctuel, utilisé comme accélérateur face aux contraintes de production.
- Chris Hemsworth fait figure d’exception, ayant atteint un physique excessif pour Thor sans dopage, au point de poser des problèmes… de costume.
Une transformation physique orchestrée à Hollywood
Dans les coulisses d’Hollywood, le secret n’en est plus vraiment un : pour se glisser dans la peau de super-héros, bon nombre d’acteurs franchissent le pas des régimes stricts et substances dopantes. Le phénomène s’accentue particulièrement du côté du Marvel Cinematic Universe où la mise en scène des corps athlétiques s’impose comme une signature visuelle. Selon l’ouvrage « MCU: The Reign of Marvel Studios » signé par Joanna Robinson, Dave Gonzales et Gavin Edwards, le recours aux stéroïdes concernerait entre 50% et 75% des comédiens majeurs, toujours sous contrôle médical.
L’avis médical nuancé sur les stéroïdes
Cité dans ce livre, le Dr. Todd Schroeder s’exprime sans détour sur ces pratiques. Pour lui, l’essentiel réside dans la supervision médicale : « S’il s’agit d’une démarche ponctuelle, encadrée par un médecin, il n’y aurait pas de séquelles notables à craindre ». D’après lui, un régime protéiné couplé à des entraînements intensifs forme la base de toute préparation ; les stéroïdes ne seraient qu’un accélérateur occasionnel, accepté pour répondre aux délais serrés imposés par les productions.
L’exception Chris Hemsworth : muscle naturel et excès de zèle
Pourtant, parmi les icônes du MCU, un cas fait figure d’exception : celui de Chris Hemsworth. L’interprète de Thor n’aurait jamais eu recours aux substances dopantes. Doté d’une constitution naturellement avantageuse, il a même poussé l’entraînement si loin lors du premier opus Thor que ses muscles ont posé problème… à l’équipe costume ! À force de vouloir égaler l’imposant physique du dieu nordique vu dans les comics — il raconte avoir voulu atteindre la carrure d’un « Arnold Schwarzenegger » — ses bras sont devenus si volumineux que l’armure en plastique coupait sa circulation sanguine.
La production a dû adapter les costumes, tandis que le réalisateur Kenneth Branagh lui recommandait avec humour de lever le pied. Finalement, Chris Hemsworth a réduit ses séances pour rentrer dans son rôle — au sens propre comme figuré.
Culte du corps et nouvelle norme chez Marvel
Il faut bien reconnaître que depuis cette expérience marquante sur le tournage de Thor, une tradition s’est installée chez Marvel Studios. Les plans mettant en valeur des physiques sculptés sont devenus monnaie courante. Une évolution qui interroge sur l’image véhiculée par ces super-héros modernes et sur ce que cela implique en termes d’exigences corporelles pour leurs interprètes.
Derrière le divertissement XXL se cache une véritable course contre la montre… et parfois contre soi-même.
