L’obsession grandissante pour ce thème unique dans le Star Trek moderne frôle désormais l’excès

Image d'illustration. Star TrekParamount / PR-ADN
Depuis quelque temps, les séries Star Trek récentes semblent concentrer leur intrigue autour d’un unique sujet. Cette tendance marquée suscite interrogations et critiques, certains fans estimant que l’obsession nuit à la diversité narrative de la franchise.
Tl;dr
- L’usage du rêve psychique explose dans le nouveau Star Trek.
- Ce procédé affaiblit la tension dramatique.
- La franchise gagnerait à s’en éloigner.
Le rêve psychique, symptôme d’une dérive scénaristique
Depuis l’arrivée de la franchise sur les plateformes de streaming, l’univers de Star Trek semble s’être laissé happer par une fascination envahissante : celle du psychic dreamscape, ou rêve psychique interactif. Jadis utilisé avec parcimonie, ce ressort narratif apparaît aujourd’hui à répétition, quitte à brouiller la frontière entre innovation et facilité.
L’inflation du rêve dans la nouvelle génération Trek
Prenons l’exemple frappant de « Star Trek: Starfleet Academy », où l’épisode « The Life of the Stars » met en scène Sam (Kerrice Brooks), une hologramme consciente, contrainte de retourner sur sa planète natale Kasq pour être reprogrammée. Accompagnée de la chancelière (Holly Hunter) et du célèbre docteur holographique (Robert Picardo), Sam plonge dans un espace onirique monochrome inspiré des souvenirs du Docteur. Le spectateur évolue alors dans un environnement simulé, déconnecté du réel — procédé désormais classique depuis quelques saisons.
Cette technique n’est pas isolée. Dans « Star Trek: Discovery », la connexion au mycélium (un vaste réseau interdimensionnel) permet au lieutenant Stamets (Anthony Rapp) d’errer sous forme de conscience pure. De nombreux épisodes (« Vaulting Ambition », « Saints of Imperfection », « Forget Me Not ») multiplient ces scènes où personnages et spectateurs sont transportés hors du tangible pour résoudre les conflits intérieurs par confrontation symbolique.
L’effet sur le suspense et le développement des personnages
Difficile, dès lors, d’ignorer une certaine lassitude. Cette mécanique, si elle pouvait marquer ponctuellement les premières séries (« Phantasms », « The Thaw »), s’est banalisée jusqu’à ôter au récit sa force dramatique intrinsèque. Car affronter ses peurs dans un décor virtuel manque singulièrement d’impact : le corps gît sur un lit tandis que l’esprit s’aventure ailleurs — tout cela paraît bien peu palpitant à l’écran.
Un autre problème se pose : l’artifice scénaristique. Plutôt que d’amener les héros à surmonter leur passé par des actes concrets, les scénaristes optent pour des affrontements intérieurs visuellement allégoriques. La tentation est grande d’introduire brusquement de nouveaux traumatismes — comme dans « Hide and Seek » (deuxième saison de « Picard ») où l’on découvre subitement une blessure psychologique chez le capitaine éponyme — pour aussitôt les résoudre via une séquence onirique.
Bilan : vers une nécessité de renouveau ?
Si cette tendance peut séduire par son potentiel visuel ou émotionnel, elle nuit aujourd’hui à la richesse narrative de Star Trek. L’heure semble venue pour les créateurs d’imaginer d’autres moyens d’explorer l’intériorité des personnages… sans recourir systématiquement au même subterfuge.
