Lone Ranger : un gros score pour un western, un désastre pour Disney

Lone Ranger
Image d'illustration. Lone Ranger — Disney / PR-ADN

Raté industriel pour Disney, mais énorme score pour le genre : The Lone Ranger est encore l’un des plus gros westerns au box-office.

En bref

  • Lone Ranger a rapporté 260,5 millions de dollars, un score élevé pour un western.
  • Mais son budget de 250 millions de dollars en a fait un énorme flop financier.
  • Disney a surtout payé le prix d’une ambition démesurée, malgré un public bien réel.

Un film peut être un gouffre financier et un carton relatif dans son propre genre. C’est exactement le cas de Lone Ranger, western signé Gore Verbinski pour Disney, qui reste encore aujourd’hui un cas d’école assez brutal pour Hollywood.

Un flop massif, malgré un rang presque absurde

Sorti en 2013, Lone Ranger suit le Lone Ranger, joué par Armie Hammer, associé à Tonto, incarné par Johnny Depp, dans une quête de vengeance après l’échec de la justice. Sur le papier, Disney visait un gros spectacle populaire. Dans les faits, le film n’a rapporté que 260,5 millions de dollars dans le monde.

Et pourtant, voilà le paradoxe. Ce total en fait encore le troisième plus gros western de l’histoire au box-office, hors inflation. Devant lui, on trouve Django Unchained avec 425 millions de dollars, puis Dances With Wolves avec 424 millions de dollars. Juste derrière, True Grit pointe à 252 millions de dollars.

Le vrai problème, c’était le budget

Le score n’est donc pas ridicule pour un western. Le souci, c’est l’addition. Lone Ranger aurait coûté 250 millions de dollars, sans même compter le marketing. Pour un genre qui vit rarement à l’échelle d’un film de super-héros, c’était une idée franchement bancale.

À titre de comparaison, Django Unchained, pourtant recordman du western, avait un budget de 100 millions de dollars. Et pour être considéré comme un succès, le film de Disney devait viser grosso modo 600 millions de dollars au box-office mondial. Il en était très loin. Résultat ? Un énorme perdant financier.

Disney a voulu refaire le coup Pirates des Caraïbes

Ce dossier raconte aussi une époque. Celle où les studios misaient sur la logique franchise avant tout, avec des budgets délirants dès qu’une propriété intellectuelle semblait exploitable. Disney l’a fait avec John Carter, avec Tomorrowland, et a cru que Gore Verbinski pouvait reproduire la magie de Pirates des Caraïbes sur une vieille icône du western.

Le réalisateur décrivait d’ailleurs un développement chaotique, avec ce réflexe classique des studios. Gore Verbinski résumait la mécanique ainsi : « Chaque gros film est arrêté. Que vous le lisiez dans le journal ou non, c’est autre chose ». En gros, le budget a toujours été le nœud du problème.

Ce western prouve quand même qu’il y avait un public

Les critiques n’ont pas aidé, c’est vrai, même si accuser seulement la presse est un peu facile. Quand un film coûte aussi cher, il doit fédérer bien au-delà du public du genre. Quentin Tarantino, lui, adorait le film, mais son soutien n’a rien changé.

Le plus intéressant est ailleurs. Si Lone Ranger avait été produit autour de 90 à 100 millions de dollars, il aurait peut-être trouvé son équilibre. Ce n’était donc pas un western sans audience. C’était un western devenu trop gros pour lui-même, ce qui, chez Disney, arrive quand même plus souvent qu’on ne voudrait l’admettre.

CodexZéro

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