Sorti discrètement au cinéma, Dracula: A Love Tale trouve enfin son public en streaming. Le pari romantique et étrange de Luc Besson grimpe sur Paramount+.
En bref
- Le Dracula de Luc Besson cartonne sur Paramount+.
- Le film mêle romance tragique, humour décalé et scènes sanglantes.
- Cette proposition atypique rencontre un nouvel élan en streaming.
Il aura fallu le streaming pour que ce Dracula trouve enfin son chemin. Sorti d’abord en salles en France l’été dernier, puis en Amérique du Nord plus tôt cette année, Dracula: A Love Tale n’avait rien d’un raz-de-marée au box-office. Sur Paramount+, l’histoire change nettement. Le film de Luc Besson pointe actuellement à la troisième place du classement Moviefone de la plateforme de streaming, et il s’y maintient depuis plus d’une semaine.
Le rebond que le cinéma ne lui avait pas offert
Ce retour n’a rien d’anodin. En octobre, l’horreur marche presque par réflexe sur les plateformes, avec l’effet Halloween et les marathons de monstres qui vont avec. Mais voir un projet aussi bancal sur le papier, et aussi atypique dans son ton, s’installer aussi haut reste une vraie surprise.
Parce que oui, Dracula: A Love Tale ne joue pas la carte du produit calibré. Et c’est peut-être précisément pour ça qu’il fonctionne mieux à la maison, là où le bouche-à-oreille et la curiosité font le job que la sortie en salles n’a pas réussi à faire.
Un Dracula qui préfère le drame au pur film de monstres
L’histoire de base, vous la connaissez. Le comte Dracula se fixe sur Mina, la fiancée de Jonathan Harker, et tout dérape. Sauf que Luc Besson déplace le centre de gravité du mythe. Son film remonte davantage vers la vie passée du vampire, sa relation avec son épouse Elisabeta, puis le drame qui la lui arrache et fait basculer son existence.
Résultat, le film ressemble moins à un simple récit de vampire qu’à une romance tragique recouverte de sang. Le Dracula incarné par Caleb Landry Jones apparaît plus doux, moins monstrueux au premier regard. On comprend sa chute, on sent la perte de foi, et c’est là que le projet devient intéressant, même quand il flirte avec le bizarre.
Le pari qui intrigue plus qu’il ne rassure
Le style Luc Besson, vous le repérez vite. Il l’a déjà imposé dans Le Cinquième Élément ou Valérian et la Cité des mille planètes, avec cette façon de tordre un univers connu jusqu’à le rendre presque méconnaissable. Ici, il pousse une lecture du mythe où la relation entre Dracula et Mina devient centrale, une idée absente du roman de Bram Stoker mais bien installée dans l’imaginaire populaire, surtout depuis le film de Francis Ford Coppola en 1992.
Et il ne s’arrête pas là. Il ajoute aussi des touches d’humour, parfois franchement étranges, sans retirer le gore. Bon, sur le papier, romance, comédie et bain d’hémoglobine dans le même shaker, ça sent le faux pas. Dans les faits, ça donne une version singulière, maladroite par moments, mais jamais interchangeable. Dans une époque où les plateformes recyclent les mêmes licences jusqu’à l’usure, c’est quand même une petite victoire.