Avant GoldenEye, Pierce Brosnan a tenté une autre voie avec deux téléfilms d’action oubliés. Le vrai intérêt est ailleurs, dans ce qu’ils disent de sa mue vers Bond.
En bref
- Death Train et Night Watch constituent une sorte de brouillon involontaire de la future période James Bond de Pierce Brosnan.
- Malgré quelques atouts, les deux téléfilms peinent à convaincre par leur intrigue et leur mise en scène.
- Ils montrent néanmoins l’évolution de Pierce Brosnan avant le rôle qui transformera véritablement sa carrière.
Avant GoldenEye, Pierce Brosnan faisait déjà ses gammes. Et pas dans les meilleures conditions. Ses deux téléfilms d’espionnage, Death Train puis Night Watch, ressemblent aujourd’hui à une étrange préquelle officieuse de son ère James Bond, sauf qu’on y voit surtout tout ce qui ne marchait pas encore.
Une répétition avant le smoking
Au début des années 1990, l’acteur britannique Pierce Brosnan n’est pas un inconnu. Remington Steele l’a installé, puis Mrs. Doubtfire a entretenu sa visibilité avant que GoldenEye ne change la donne. Ce film deviendra le plus gros événement commercial de l’histoire de James Bond à ce moment-là, rien que ça.
Du coup, ces deux productions pour la télévision ont un intérêt très précis. Elles montrent un acteur en transition, coincé entre le héros d’action standard et le futur 007. Sauf que sur le plan de la carrière, Death Train et Night Watch n’ont à peu près rien apporté. Franchement, si des producteurs Bond n’avaient vu que ça, le tuxedo pouvait rester au placard.
Death Train, clone fauché et casting trop beau pour ça
Diffusé en 1993 sur USA Network, Death Train, aussi connu sous le titre Detonator, confie à Brosnan le rôle de Mike Graham, agent de l’U.N.A.C.O., l’Organisation des Nations unies contre le crime. Sa mission, arrêter un plan soviétique complètement tordu: le général russe Konstantin Benin veut envoyer une bombe nucléaire en Irak pour forcer les autorités russes à réaffirmer leur puissance militaire.
Sur le papier, c’est déjà bancal. À l’écran, ça sent surtout le sous-Die Hard en roue libre. Le vrai plaisir vient du casting. Christopher Lee, ancien méchant de James Bond dans L’Homme au pistolet d’or, joue Benin et écrase le film par sa seule présence. Autour de lui, il y a aussi Ted Levine en bras armé du complot, Alexandra Paul en analyste et Patrick Stewart en patron de l’agence.
Mais voilà le problème : les personnages Mike Graham et Sabrina Carver doivent dépasser leurs différends personnels, et l’alchimie ne prend jamais. Sans cette dynamique, impossible de créer le moindre parfum de duo à la Bond. Résultat ? Une performance de Pierce Brosnan franchement mineure.
Night Watch pousse encore plus vers James Bond, pour rien
Le plus ironique, c’est qu’il y a eu une suite. Inspiré à l’origine d’une histoire d’Alistair MacLean, ensuite adaptée en roman par Alastair MacNeill, Death Train a donc engendré Night Watch, alias Detonator II: Night Watch, diffusé le 13 octobre 1995 sur USA Network, soit un mois avant GoldenEye.
Cette fois, Brosnan et Alexandra Paul reviennent, mais Christopher Lee et Patrick Stewart disparaissent. William Devane prend le relais en chef, Nick Caldwell, et envoie les deux agents sur le vol de La Ronde de nuit de Rembrandt. L’enquête promène le tandem d’Amsterdam à Hong Kong, avant de les mener vers le criminel Martin Schraeder, joué par Michael J. Shannon.
Et là, oui, Pierce Brosnan joue presque déjà 007. Plus posé, plus lisse, plus Bond dans l’attitude. Sauf que ça ne sauve rien. Night Watch reste aussi oubliable que Death Train, peut-être même davantage, parce qu’il n’a même pas le casting costaud du premier. Bon, on comprend pourquoi cette pseudo-franchise a disparu des radars.