Du Blip oublié à l’infiltration skrull sans suite, quatre séries Marvel montrent le même souci dans le MCU : promettre énorme, puis ne presque rien changer.
En bref
- Quatre séries posent un souci de cohérence
- Leurs idées sont énormes, leurs suites minimes
- Le MCU perd en impact quand rien ne change
On pouvait accepter des séries plus petites, plus drôles, plus étranges. Le souci arrive quand Marvel Studios lance des idées énormes dans le MCU, puis les laisse retomber presque sans effet. Et là, la mécanique connectée qui faisait tout le sel de la franchise commence à grincer.
Le vrai problème, ce n’est pas la qualité
Aucune de ces productions n’a besoin d’être mauvaise pour poser question. Ce qui coince, c’est leur place dans l’ensemble. Un univers partagé peut raconter des récits plus modestes, tester un ton, jouer avec ses propres règles. Mais si une série promet un basculement majeur, crée une connexion importante ou installe une conséquence qui ne revient jamais, vous sentez tout de suite le décalage.
Le Blip, immense décor trop peu exploité
Avec The Falcon and the Winter Soldier, on tenait pourtant un sujet massif. Sam Wilson et Bucky Barnes affrontent les Flag Smashers, pendant que Sam hésite à reprendre le bouclier de Captain America. Sauf que le retour de milliards de personnes après le Blip, qui aurait dû structurer tout le récit, reste souvent un arrière-plan.
La crise gérée par la GRC est censée être planétaire. Or son échelle se ressent peu. Du coup, l’arc de Sam porte mal l’ensemble. Quand il enfile enfin son nouveau costume, on a davantage l’impression d’une promesse tenue depuis Avengers: Endgame que d’une vraie transformation née de la série.
Quand la blague sort carrément du cadre
Le cas de She-Hulk: Attorney at Law est différent. Jennifer Walters, avocate devenue Hulk après un accident impliquant Bruce Banner, avait une très bonne porte d’entrée, celle du quotidien juridique dans un monde rempli de super-héros. Franchement, l’idée est maligne.
Mais la série pousse le méta très loin. Jennifer sait qu’elle est dans une série, comprend la structure du script et finit par discuter avec K.E.V.I.N. de sa propre fin. C’est drôle, oui, quand même. Sauf qu’à ce niveau, She-Hulk semble exister à côté du MCU, pas vraiment dedans. Sans les passages de Bruce, de Wong et de Daredevil, il reste surtout une sitcom judiciaire.
Une héritière de Tony Stark sans vrai héritage
Puis il y a Ironheart. Riri Williams, apparue d’abord dans Black Panther: Wakanda Forever, retourne à Chicago et se retrouve liée à the Hood, dans une intrigue qui mélange technologie et surnaturel. Le contraste est curieux.
Parce que pendant plus d’une décennie, Tony Stark a été la grande figure technologique du MCU. Voir une adolescente construire sa propre armure aurait donc dû compter énormément. Or la série préfère bâtir son coin à elle plutôt que travailler le legs de Tony, l’accepter, le refuser ou le détourner.
Secret Invasion, ou l’art de fermer la porte trop vite
Et puis il y a Secret Invasion, sans doute le cas le plus frustrant. Nick Fury revient sur Terre pour stopper Gravik et une faction de Skrulls prête à prendre le pouvoir après des années d’attente. L’idée est simple et énorme : n’importe qui pouvait avoir été remplacé.
Résultat ? Rhodey était un Skrull, mais la question du moment exact reste suspendue. Maria Hill meurt, et l’impact s’évapore. G’iah devient l’un des personnages les plus puissants de cet univers, sans secousse proportionnelle derrière. Une infiltration alien au sommet du pouvoir devrait déclencher panique politique, paranoïa chez les héros et perte de confiance générale. Là, le MCU referme la porte presque aussitôt. Et c’est peut-être ça, le vrai signal faible pour la suite.