Pourquoi La Dernière Croisade revient au sommet d’Indiana Jones

Indiana Jones et la Dernière Croisade
Indiana Jones et la Dernière Croisade — Lucasfilm / PR-ADN

L’arrivée des cinq films sur Disney+ relance un vieux débat. Et cette fois, La Dernière Croisade gagne surtout sur le terrain du personnage.

En bref

  • Les cinq films sont sur Disney+
  • La Dernière Croisade regagne du terrain
  • Son atout, c’est Indy lui-même

Les cinq films Indiana Jones sont maintenant sur Disney+, et ça relance un débat que les fans connaissent par cœur. Longtemps, Les Aventuriers de l’arche perdue a gardé la première place, presque par réflexe, pour son poids dans l’histoire du cinéma et l’efficacité folle de ses scènes d’action. Mais si on regarde la saga d’un seul bloc, La Dernière Croisade remonte très fort. Pas forcément comme le film le plus parfait. Comme le plus juste pour Indiana Jones.

Le débat ne porte plus sur la seule mise en scène

Oui, Raiders reste plus resserré, plus net, avec cette précision qui impressionne encore. Et oui, La Dernière Croisade a quelques approximations visibles. Bon, ce n’est pas vraiment là que le film gagne.

Ce qui change, surtout depuis The Fabelmans, c’est sa place dans la filmographie de Steven Spielberg. Le troisième film apparaît comme un blockbuster intime, presque dissimulé sous les poursuites, le tank et les gags. En gros, l’aventure sert un sujet bien plus personnel, la réconciliation entre un fils et son père.

Le Graal n’est pas seulement un trésor

Chez Spielberg, le Saint Graal devient une métaphore limpide. Henry Jones Sr., joué par Sean Connery, n’est pas juste un savant distrait, c’est un père absorbé par sa quête au point d’oublier son fils. Face à lui, Harrison Ford joue un Indy plus vulnérable qu’à l’habitude, coincé entre bravoure, humour et vieux manque affectif.

Le film tient beaucoup à cette dynamique. Il exploite la puissance de star de Ford et Connery, mais sans réduire leur duo à une simple comédie. La relation père-fils devient le cœur émotionnel du récit. Résultat ? L’aventure a enfin quelque chose à protéger au-delà de l’objet sacré.

Le saut de la foi, enfin un vrai choix pour Indy

Le grand moment, c’est évidemment ce saut dans le vide. Depuis le début de la saga, Indy se comporte en sceptique endurci. Dans Les Aventuriers de l’arche perdue, il rejette la magie. Dans Le Temple maudit, il subit plus qu’il ne choisit. Et dans Le Cadran de la destinée, il répète encore qu’il ne croit pas à la magie, même après tout ce qu’il a vu.

Ici, pour sauver son père, il accepte de croire sans preuve visible. C’est simple, mais c’est énorme pour le personnage. Ce geste lui donne enfin une évolution claire, presque tardive, que la franchise repoussait film après film.

Pourquoi ce film vieillit mieux que les autres suites

Il y a aussi le plaisir pur. Sallah et Marcus Brody ne sont pas de simples clins d’œil, ils comptent vraiment. L’humour fonctionne, Elsa Schneider apporte une vraie trahison au récit, et la fin sur la ligne d’horizon ressemble à une conclusion idéale.

À côté, Le Royaume du crâne de cristal bascule vers la science-fiction et le CGI, tandis que Le Cadran de la destinée retrouve la mélancolie sans retrouver complètement cette chaleur humaine. Du coup, si le meilleur film d’aventure reste discutable, le meilleur film sur Indiana Jones, lui, a de plus en plus un nom. La Dernière Croisade.

Morgan Fromentin

Éditeur·rice

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