Pourquoi Minus et Cortex reste l’un des grands cultes animés des années 90

Minus et Cortex
Minus et Cortex — Kids' WB / PR-ADN

Née dans Animaniacs avant de décrocher sa propre série en 1995, l’aventure de Pinky et Minus a transformé une blague simple en vrai classique culte.

En bref

  • Minus et Cortex (Pinky and the brain) arrive en série en 1995
  • Sa formule répétitive cachait une vraie richesse d’écriture
  • Le duo reste un culte, récompenses à l’appui

Faire durer pendant des années deux souris, un labo et un plan de domination mondiale, sur le papier, ça ressemble presque à une mauvaise idée. Et pourtant, Minus et Cortex en a fait une série culte.

Une blague de cinq minutes devenue vraie série

Avant d’avoir leur propre show, les deux personnages vivaient dans Animaniacs, cette série à sketches lancée en 1993 où les figures entraient et sortaient d’un épisode à l’autre. C’est là que Minus et Cortex ont commencé à voler la vedette. L’un, cerveau froid obsédé par un seul objectif. L’autre, son opposé total, incapable de suivre mais toujours au cœur du chaos.

En septembre 1995, le duo décroche donc sa série. Le principe tient en une ligne, deux souris de laboratoire génétiquement modifiées, enfermées chez Acme Labs, avec Cortex qui veut conquérir le monde et Minus qui fait dérailler le plan. La série ira jusqu’à quatre saisons, pour 65 épisodes. Pas mal pour une idée qui aurait pu rester un simple segment comique.

La formule ne tournait pas en rond

Ce qui surprend encore, c’est la souplesse de cette mécanique. Le but ne change jamais, prendre le pouvoir. Ce qui change, c’est la route. Un soir, la série passe par la politique. Un autre, par la technologie, une célébrité, un film parodié, ou même un événement historique. On connaît l’issue, bien sûr. Mais tout le plaisir est là, voir précisément comment ça va rater.

Le vrai moteur, en revanche, ce n’est pas le plan. C’est la relation entre les deux. Cortex est brillant, méthodique, stratège. Sauf qu’il est aussi rongé par son propre ego. Ses défaites viennent souvent de lui, de son arrogance, de son obsession, de son incapacité à admettre l’évidence. Minus, lui, casse cette grandiloquence par une remarque absurde, jamais méchante. Résultat, la série évite le piège du génie parfait saboté chaque semaine par son acolyte.

Des auteurs aux récompenses, puis au retour

L’origine des personnages dit beaucoup de ce ton. Tom Ruegger s’est inspiré de deux collaborateurs, Tom Minton et Eddie Fitzgerald. Le premier était réservé, le second beaucoup plus expansif, du genre à lancer Narf ou Egad en pleine conversation. Bruce Timm, alors animateur sur Animaniacs, en a dessiné des caricatures, ensuite transformées en souris.

La série a aussi très vite dépassé le cercle nostalgique. Warner Bros. avait assez confiance pour diffuser la saison 1 en prime time, même si les audiences n’ont pas suivi et que le programme a ensuite basculé sur le bloc Kids’ WB. Côté prestige, un Primetime Emmy tombe en 1996 pour l’épisode de Noël, puis les Daytime Emmys saluent aussi la série, avec une récompense pour Rob Paulsen, la voix de Minus.

Bon, tout n’a pas tenu pareil. Certaines références ont vieilli, entre Orson Welles, Beverly Hills, 90210 ou des films très ancrés dans leur époque. Mais le cœur du duo, lui, reste intact. La preuve, la tentative Minus, Elmyra et Cortex n’a duré qu’une saison de 13 épisodes, tandis que le retour dans le revival d’Animaniacs en 2020 a rappelé l’essentiel, ce qui marchait, c’était d’abord ce face-à-face. Et ça dit quelque chose des années 90, une époque capable de transformer une idée minuscule en mythe télé durable.

Morgan Fromentin

Éditeur·rice

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