Le remake de 2014 grimpe dans le top de Paramount+ après une grosse avancée pour la franchise. Et ce retour n’a rien d’un hasard.
En bref
- RoboCop 2014 grimpe sur Paramount+
- La série télé relance l’intérêt
- Ses thèmes paraissent plus actuels
Un film qu’on croyait rangé au rayon des reboots oubliés revient d’un coup dans la conversation. RoboCop, version 2014, occupe désormais la 5e place du classement des films les plus vus sur Paramount+ dans le monde au 1er septembre. Et ce sursaut tombe juste après une avancée majeure pour la franchise, avec une série TV désormais en route chez Amazon/MGM.
Un retour que personne n’avait vraiment vu venir
Le plus intéressant, ce n’est pas seulement le chiffre. C’est le timing. Quand une vieille tentative de relance refait surface aussi vite, on voit très bien comment le streaming rebranche des films sur l’actualité culturelle, même dix ans après leur sortie.
Ici, le mouvement semble assez clair, les fans replongent dans le remake avant l’arrivée du prochain projet à l’écran. Pas mal de franchises vivent sur leur nostalgie. RoboCop, lui, revient parce que son imaginaire colle de nouveau au moment.
Le remake de 2014 a modernisé la machine, pas tout le film
Sorti le 12 février 2014 par Sony Pictures, le film confiait Alex Murphy à Joel Kinnaman, avec José Padilha à la réalisation. L’idée était limpide, refaire RoboCop en blockbuster nerveux, branché sur la technologie numérique des années 2010.
Sur ce point, le film n’était pas à côté. Son RoboCop modernisé fonctionne plutôt bien, visuellement et dans sa logique techno. Le problème venait du reste. Le remake a rapporté environ 223 millions d’euros (242 millions de dollars), pour un budget estimé jusqu’à environ 120 millions d’euros (130 millions de dollars). Résultat, des bénéfices trop modestes pour lancer une vraie nouvelle saga.
Pourquoi RoboCop reste un miroir très actuel
Le cœur du sujet est là. Le RoboCop de 1987 signé Paul Verhoeven n’était pas juste un film d’action culte. C’était une satire assez féroce de l’Amérique, emballée comme une série B ultra efficace.
Dans ce futur-là, Detroit devient un symbole de privatisation, de gentrification et de violence sociale, pendant que l’entreprise OCP transforme un policier grièvement blessé, Alex Murphy, en cobaye cybernétique. Le film parlait déjà de capitalisme, de contrôle industriel et de déshumanisation. Clairement, ces thèmes ne se sont pas calmés avec le temps.
Une franchise qui cherche enfin la bonne suite
Les suites du film original ont souvent gardé l’armure et perdu le sous-texte. Le remake, lui, essayait au moins de réinjecter du commentaire social, en remplaçant une partie du cadre d’origine par la guerre par drones via OmniCorp, avant de bifurquer vers la cybernétique.
On y voit un Murphy presque vidé, piloté dans ses pensées comme dans ses émotions, puis seulement libéré dans le dernier acte. Trop tard pour sauver tout le film, sans doute. Mais avec Gary Oldman, Michael Keaton, Samuel L. Jackson, Abbie Cornish, Michael K. Williams, Jackie Earle Haley, Jennifer Ehle et Jay Baruchel, il avait de quoi intriguer à nouveau.
Et aujourd’hui, entre l’IA, les tensions géopolitiques et le poids des monopoles, RoboCop paraît moins daté qu’en 2014. C’est sans doute ça, le vrai signal pour la future série, il ne suffit pas de refaire l’icône, il faut retrouver ce qu’elle disait du monde.