Pourquoi Sunshine reste le grand film spatial que trop ont raté

Sunshine
Image d'illustration. Sunshine — DNA Films / PR-ADN

Oublié à sa sortie en 2007, Sunshine mérite largement d’être rattrapé. Le film de Danny Boyle pousse la SF spatiale vers quelque chose de bien plus sombre.

En bref

  • Sunshine mélange science-fiction et horreur spatiale
  • Le film a échoué au box-office en 2007
  • Son casting est devenu impressionnant avec le temps

Sauver la Terre, dans la science-fiction, ressemble souvent à un élan noble. Sunshine, lui, prend ce réflexe et le tord. Le film de Danny Boyle part bien comme une mission désespérée pour relancer un soleil mourant, puis il glisse vers quelque chose de beaucoup plus inconfortable, presque clinique dans sa façon de regarder les limites humaines.

Un film de mission spatiale, puis tout bascule

Sorti en 2007, Sunshine se déroule dans un futur proche où le soleil est en train de mourir. Huit membres d’équipage partent dans l’espace avec un dispositif capable, en théorie, de raviver l’astre et de sauver l’humanité.

Et puis la mécanique se dérègle. Plusieurs incidents frappent la mission au moment où l’équipage capte le signal de détresse d’un vaisseau disparu depuis longtemps. Sans entrer dans les spoilers, c’est là que le film change de peau. On n’est plus seulement dans la SF spatiale, mais dans une forme de thriller imprévisible qui finit par toucher à l’horreur. Le rapprochement avec Event Horizon a du sens, clairement.

Boyle, Garland et un casting devenu impressionnant

Ce qui tient l’ensemble, ce n’est pas juste une belle idée de départ. C’est aussi l’alliance entre Danny Boyle et le scénariste Alex Garland, déjà réunis sur 28 Days Later. On retrouve chez eux le même goût pour les récits de genre qui bifurquent sans prévenir.

Alex Garland a même sollicité la NASA pour appuyer la partie scientifique du film, ce qui donne au projet une texture plus crédible malgré un point de départ très ambitieux. Et le casting, lui, a pris une autre dimension avec les années. On y croise Michelle Yeoh, Benedict Wong, Chris Evans, Cillian Murphy, Rose Byrne, Mark Strong et Cliff Curtis. Revoir ce groupe aujourd’hui, c’est presque voir Hollywood avant l’explosion de plusieurs carrières majeures.

Pourquoi Sunshine a raté son moment

Le plus frustrant, c’est que Sunshine n’a jamais vraiment eu sa chance. Le film a connu plusieurs retards avant d’arriver au Royaume-Uni en avril 2007, puis aux États-Unis en juillet de la même année.

Résultat ? Il n’est jamais entré dans le top 10 du box-office américain. Ses recettes mondiales ont atteint environ 32 millions d’euros (35 millions de dollars), pour un budget d’environ 37 millions d’euros (40 millions de dollars). Et la plus grosse part de ces entrées venait de l’extérieur de l’Amérique du Nord.

Le bon moment pour le rattraper, enfin

Une trilogie a même été envisagée à un moment. Pas mal de films auraient forcé cette idée. Ici, ce qui frappe surtout, c’est l’impression d’un potentiel public encore largement inatteint.

Le film joue sans doute mieux aujourd’hui qu’à sa sortie. Parce que Danny Boyle a ensuite signé des films oscarisés comme Slumdog Millionaire. Parce que ses acteurs sont devenus des têtes d’affiche. Et parce que cette vision bien moins optimiste de la survie humaine a gardé une vraie force. Vous pouvez encore le rattraper en DVD ou en Blu-ray sur Amazon.

Morgan Fromentin

Éditeur·rice

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