Annulée après une saison malgré critiques et Emmy, Spider-Noir avait pourtant une vraie piste pour la suite: cap sur la Seconde Guerre mondiale.
En bref
- Spider-Noir a été annulée après une saison, alors que la saison 2 devait élargir l’histoire vers la Seconde Guerre mondiale et l’Europe.
- La première saison avait été pensée comme une histoire complète, sans cliffhanger, malgré son succès critique et ses cinq Emmy Awards.
- Pour Oren Uziel, le plus gros regret est surtout de ne pas pouvoir retrouver la même équipe, l’annulation semblant davantage liée aux contraintes industrielles qu’à la création.
Annulée après une seule saison, Spider-Noir laisse derrière elle un manque assez net. Pas juste parce que la série avait bonne presse, ou parce que Nicolas Cage y tenait un rôle taillé pour son étrangeté naturelle. Mais parce que la suite commençait enfin à ouvrir une porte très différente, plus vaste, plus risquée aussi.
La suite partait vers un terrain autrement plus lourd
Après les cinq Emmy Awards remportés par la série télévisée produite par Sony Pictures Television pour la plateforme de streaming Amazon Prime Video, Oren Uziel a donné une idée de ce qu’aurait pu être la saison 2. Son point de départ est simple : l’histoire se situe en 1933, et cette date emmène forcément vers un mur historique, à savoir la Seconde Guerre mondiale.
Et là, clairement, on tenait autre chose qu’un simple prolongement. Le showrunner évoque un changement de décor, avec Los Angeles comme possibilité, ou même l’Europe, piste d’autant plus logique vu l’époque choisie. En gros, la série pouvait quitter le polar urbain serré pour aller vers un cadre historique bien plus explosif.
Une première saison pensée pour se fermer proprement
Ce qui rend l’annulation moins brutale, c’est que la première saison avait été conçue comme un bloc complet. Oren Uziel explique qu’avec l’héritage des vieux films noirs en tête, l’équipe a volontairement construit une histoire fermée: un client entre dans le bureau du détective privé, l’affaire avance, puis elle se résout.
Il dit même, dans une formule très parlante, que tout était bien bouclé et que l’ensemble ressemblait un peu à un long film. Pas de cliffhanger géant bricolé pour forcer un renouvellement, donc. C’est assez rare pour être noté, surtout dans une industrie qui adore laisser des portes ouvertes partout, au cas où.
Le paradoxe reste entier quand même. Spider-Noir affichait 92% sur Rotten Tomatoes, proposait deux variantes colorimétriques pour encourager le revisionnage, et beaucoup la voyaient comme la meilleure tentative live-action de Sony autour de l’univers Spider-Man hors MCU depuis son faux départ centré sur des méchants recyclés en anti-héros.
Le vrai regret n’est pas narratif, il est humain
Le regret principal d’Oren Uziel, finalement, n’a rien de spectaculaire. Ce n’est pas une intrigue abandonnée, ni un grand antagoniste laissé dans un tiroir. Il explique que ce qui lui manque le plus, c’est de ne pas pouvoir recommencer avec la même équipe, de ne pas avoir un autre projet déjà prêt pour réunir tout ce monde.
Quant à l’idée d’un retour après les Emmy Awards, il reste très réaliste. Il dit ne pas connaître précisément les aspects légaux et les complications, mais s’attend à une situation compliquée. Bref, le problème n’est pas créatif. Le problème, c’est la machine industrielle autour. Et ça, dans les franchises modernes, c’est souvent le vrai super-vilain.