Star Trek : l’idéal d’un monde sans profit

Star Trek
Image d'illustration. Star Trek — Paramount / PR-ADN

Dans Star Trek, la Fédération vit sans argent. Sauf que le commerce existe encore tout autour, entre crédits flous, latinum ferengi et troc.

En bref

  • Dans la Fédération des Planètes Unies de Star Trek, la société post-capitaliste repose sur la fin de la rareté grâce à des technologies comme les réplicateurs et le voyage spatial, rendant l’argent quasiment inutile.
  • En dehors de la Fédération des Planètes Unies, l’univers reste fortement marchandisé, avec monnaies, jeux d’argent et systèmes exploitants comme les Ferengi ou l’Emerald Chain.
  • La série Star Trek montre ainsi un contraste net entre un idéal d’entraide sans profit et des sociétés où le capital et la monnaie restent centraux, sous des formes parfois corrompues ou violentes.

Dans Star Trek, le vrai twist économique n’est pas l’absence d’argent. C’est le fait que cette absence ne marche que dans une partie du décor. La Fédération des Planètes Unies (FPU), ou Fédération Unie des Planètes (FUP), se présente comme une société post-capitaliste, mais elle passe son temps à négocier avec des mondes qui, eux, comptent encore en monnaie bien sonnante.

La Fédération vend son grand rêve post-capitaliste

L’exemple le plus net arrive dans Star Trek: The Next Generation, quand Jean-Luc Picard explique à Ralph Offenhouse, réveillé au XXIVème siècle après avoir été cryogénisé, que son compte bancaire ne vaut plus rien. L’humanité, dit-il en substance, n’est plus obsédée par l’accumulation. Faim, manque, besoin de posséder, tout ça a été dépassé.

C’est un peu appuyé, quand même. Mais l’idée fondatrice est limpide. Dans la Fédération des Planètes Unies, des technologies quasi miracles permettent de distribuer les ressources sans logique de profit. Un monde touché par une épidémie peut recevoir des médicaments très vite grâce au voyage supraluminique. Un autre manque de nourriture, les réplicateurs règlent le problème.

Dès qu’on sort de la Fédération des Planètes Unies, la caisse revient

Et là, Star Trek devient plus mordant. Hors Fédération, la monnaie est souvent liée à des personnages douteux ou à des systèmes franchement toxiques. Harcourt Fenton Mudd, dans Mudd’s Women, court déjà après le profit. Dans The Gamesters of Triskelion, des cerveaux désincarnés misent des quatloos sur des combats de gladiateurs télévisés. Ambiance.

Même logique dans le bar de Quark sur Star Trek: Deep Space Nine, où jeux d’argent et triche font partie du mobilier. Et la version la plus brutale arrive dans la saison 3 de Star Trek: Discovery avec l’Emerald Chain, un ordre marchand tenu par des chefs mafieux, bâti sur l’oppression et l’esclavage. Le nom de la devise n’est même pas précisé, mais le message, lui, ne peut pas être plus clair.

Latinum, crédits et troc : comment ça tourne vraiment

Le cœur du sujet, ce sont les Ferengi. Leur société tourne autour du profit, jusque dans l’au-delà, l’accès au foyer ou les restes funéraires revendus en morceaux. Leurs fameuses Règles de l’Acquisition reviennent sans cesse, et Quark, sans doute l’un des meilleurs personnages de la franchise, sert de loupe parfaite sur cette obsession.

La monnaie de référence, c’est le latinum pressé dans l’or, avec ses slips, strips, bars, et plus rarement bricks ou braces. L’or semble presque sans valeur ici, probablement parce qu’il serait facile à reproduire. Le latinum, lui, ne peut apparemment pas être contrefait par réplicateur, donc il garde sa rareté.

Côté Starfleet, les officiers ne sont pas payés au sens classique. Les films Star Trek IV: The Voyage Home et Star Trek: First Contact rappellent bien que l’argent n’organise plus la société du futur. Pourtant, des crédits sont évoqués, déjà dans la série originale, notamment quand Uhura se voit proposer un tribble pour dix crédits. Le système reste flou, bref, mais l’idée tient: chez eux tout est gratuit, et à l’extérieur on passe par crédits, accords locaux ou pur troc. Dans Star Trek, la vraie devise, c’est encore l’entraide.