Star Trek : pourquoi Mark Twain a rencontré un Klingon avant tout le monde

Star Trek
Image d'illustration. Star Trek — Paramount / PR-ADN

Officiellement, les humains découvrent les Klingons en 2151. Sauf qu’un épisode de Star Trek glisse un paradoxe délicieux avec Mark Twain.

En bref

  • Mark Twain croise Worf en 2368
  • Il vient pourtant de l’année 1893
  • Techniquement, c’est le premier humain face aux Klingons

Dans Star Trek, les dates officielles comptent beaucoup. Et puis il y a les épisodes qui s’amusent avec elles. C’est exactement ce qui se passe ici, avec un paradoxe assez savoureux : Mark Twain, écrivain du XIXe siècle, devient en pratique le premier humain à parler à un Klingon.

Un premier contact qui n’en est pas vraiment un

Sur le papier, le premier contact entre humains et Klingons arrive dans Star Trek: Enterprise, au début de l’épisode Broken Bow. En 2151, le Klingon Klaang atterrit sur Terre, et l’Enterprise est envoyée jusqu’au monde klingon pour le ramener. Longtemps, c’était la version simple.

Mais Star Trek adore compliquer sa propre chronologie. Les fans le savent déjà avec les Vulcains : le « vrai » premier contact est fixé au 5 avril 2063, sauf qu’un épisode comme Carbon Creek en montre sur Terre dès 1957, et que Spock passe même par 1930 dans The City on the Edge of Forever. Résultat ? Le mot officiel ne raconte jamais toute l’histoire.

Côté klingon, le même piège se referme dans Star Trek: The Next Generation. Dans Time’s Arrow, Worf croise un homme venu de 1893. Cet homme, c’est Mark Twain. Chronologiquement, pour lui, c’est bien avant 2151.

L’épisode qui fabrique ce drôle de court-circuit

L’intrigue de Time’s Arrow part d’un détail franchement brillant : des explorateurs de la Fédération découvrent sur Terre la tête sectionnée de Data, vieille d’environ 500 ans, alors que l’androïde se porte très bien à bord de l’Enterprise-D.

En enquêtant, l’équipage découvre dans une grotte un portail utilisé par des aliens interdimensionnels. Ces créatures envoient des agents dans le passé de la Terre et profitent d’une épidémie de choléra à San Francisco, en 1893, pour masquer une série de meurtres où elles aspirent en gros l’énergie vitale de leurs victimes.

Data traverse le portail, bricole des appareils avancés avec la technologie de l’époque, et retrouve Guinan, déjà présente sur Terre grâce à la très longue durée de vie de son espèce. Comme elle fréquente les salons mondains, elle croise Mark Twain. Lui voit Data et Guinan ensemble, trouve cet homme au teint pâle et au comportement mécanique franchement louche, puis commence à fouiner. Quand le portail vers le XXIVe siècle est rouvert, il saute dedans volontairement.

Ce que Twain découvre vraiment dans le futur

À bord de l’Enterprise-D, en 2368, Twain reste fidèle à lui-même : curieux, envahissant, impossible à calmer. Il interroge Riker, puis tombe sur Worf. Devant sa surprise, le Klingon se contente de dire « Je suis klingon ». Et là, Twain recule sagement.

Le plus intéressant n’est pas seulement le gag temporel. Troi lui explique aussi que le vaisseau n’est pas un outil de conquête, mais d’exploration, et que la pauvreté a disparu. Plus de misère, plus de cruauté liée au manque. Twain, lui, vient d’un monde où le pouvoir et la richesse s’obtiennent sur le dos des pauvres, où le préjugé est courant. Il a du mal à y croire. Troi confirme simplement que ce n’est plus ainsi.

Puis Twain retourne en 1893, et sa vie suit le cours attendu de l’histoire jusqu’à sa mort en 1910. C’est ça, le charme de Star Trek quand même : un simple détour par le voyage temporel suffit à déplacer toute une chronologie, et à rappeler qu’au fond, la saga parle autant du futur que de ce qu’on espère corriger chez nous.