Steven Spielberg : une culpabilité de 50 ans pour le massacre d’une espèce animale, un regret profond qui perdure
Steven Spielberg, malgré une carrière cinématographique impressionnante, éprouve des regrets quant aux retombées de certains de ses films.
Le regret de Steven Spielberg : l’impact écologique des « Dents de la Mer »
Steven Spielberg, de par sa filmographie riche et variée, a su marquer l’histoire du cinéma. Cependant, le réalisateur exprime un regret majeur non pas lié à l’aspect artistique d’une de ses œuvres, mais aux conséquences qu’elle a pu engendrer. Il s’agit plus précisément du film « Les Dents de la Mer », dont l’impact sur notre écosystème est au cœur de ses préoccupations.
Un film légendaire, des conséquences regrettables
Steven Spielberg confie, avec regret, que son film emblématique « Les Dents de la Mer » a pu avoir un impact négatif sur la population mondiale de requins. Lors d’une interview avec BBC Radio 4, dans l’émission Desert Island Discs, Spielberg a formulé ses inquiétudes en ces termes : « C’est l’une des choses dont j’ai toujours peur : non pas d’être mangé par un requin, mais plutôt que les requins soient d’une certaine manière en colère contre moi à cause de l’appétit frénétique des pêcheurs sportifs fous qui est apparu après 1975. Je regrette vraiment la décimation de la population de requins à cause du livre et du film. »
Sorti en 1975, le film a suscité un engouement pour la pêche aux requins chez les pêcheurs sportifs américains, entraînant une chasse intensive aux grands requins blancs. Peter Benchley, l’auteur du livre ayant inspiré le film, a également exprimé des regrets similaires avant de devenir un défenseur acharné de la protection des requins. Il déclarait au London Daily Express, en 2006 : « Les requins ne ciblent pas les êtres humains, et il est certain qu’ils ne sont pas rancuniers. Il n’existe pas de requin qui soit un criminel mangeur d’hommes. En fait, les requins prennent rarement plus d’une bouchée de chair humaine, parce que nous sommes si maigres et peu appétissants à leurs yeux. »
La surpêche, principale menace pour les requins
Pendant des années, « Les Dents de la Mer » a été critiqué pour sa représentation sensationnaliste des requins et son impact sur l’opinion publique. Cependant, les experts estiment que blâmer uniquement le film pour le déclin des requins est simpliste, mettant en avant la surpêche comme la principale menace pour ces animaux. Paul Cox, directeur général du Shark Trust, a affirmé dans The Guardian que le film est trop souvent accusé de la décimation des requins. Il insiste sur le fait que c’est clairement la réduction de leur alimentation – due à la surpêche – qui est le principal facteur de leur déclin. Selon une étude publiée dans la revue Nature en 2021, la population mondiale de requins océaniques a chuté de 71 % depuis les années 1970 en raison de la surpêche. D’après la liste rouge des espèces menacées de l’International Union for Conservation of Nature, 75 % des espèces de requins océaniques sont menacés d’extinction.
Un film générant des phobies
« Les Dents de la Mer » a également engendré une peur des requins chez de nombreuses personnes. Christopher Paul Jones, spécialiste des phobies, explique que beaucoup des phobiques des requins qu’il rencontre citent le film comme la base de leur peur incontrôlable, en grande partie parce que la plupart des gens n’ont jamais vu de requin en liberté. Il déclarait à The Guardian : « Dans Les Dents de la Mer, vous ne pouvez pas voir sous l’eau et la musique crée un sentiment de peur. Les films sont très efficaces pour stimuler tous les sens (vue, ouïe) et peuvent avoir un impact considérable sur ce que nous ressentons. »
« Les Dents de la Mer » est donc un chef-d’œuvre cinématographique pour l’émotion qu’il suscite chez ses spectateurs. Cependant, malgré les regrets de Spielberg et de l’auteur Peter Benchley, il serait injuste de blâmer le film pour la décimation des requins, imputable avant tout à la surpêche.
