Disponible sur Prime Video, Highway to Heaven remet en lumière le virage le plus inattendu de Michael Landon, entre fantasy douce et drame social.
En bref
- Highway to Heaven est sur Prime Video
- Michael Landon y joue un ange envoyé sur Terre
- La série a scellé sa rupture avec NBC
Ce qui frappe, avec Highway to Heaven, c’est moins son pitch que son timing. Voir aujourd’hui cette série sur Prime Video, c’est retomber sur le moment où Michael Landon, immense figure du western et du drame familial, a bifurqué vers une fantasy télé très douce, presque à contre-courant.
Un virage improbable après deux monuments de la télé
Avant ça, Michael Landon avait déjà eu plusieurs vies. Le grand public l’avait repéré au cinéma dès 1957 dans I Was a Teenage Werewolf, puis il avait surtout marqué l’histoire de NBC avec Little Joe Cartwright dans Bonanza, pendant quatorze saisons. Et comme si ça ne suffisait pas, il a enchaîné avec La Petite Maison dans la prairie, lancée en 1974, où il incarnait Charles Ingalls jusqu’à l’arrêt de la série en 1983.
Un acteur aurait pu s’arrêter là. Lui non. Dès 1984, il lance Highway to Heaven, un pari autrement plus étrange.
L’ange en veste en jean, idée simple mais vraie signature
Le concept tient en une image. Michael Landon joue Jonathan Smith, un ange envoyé sur Terre pour une période d’essai. Il croise Mark Gordon, ex-policier amer incarné par Victor French, et les deux deviennent un duo chargé d’aider des inconnus en difficulté.
Le pilote, en format long, les réunit autour d’une maison de retraite menacée de vente. La sœur de Mark vit sur place, Mark se méfie d’abord, puis comprend que Jonathan n’est pas un homme ordinaire. Il obtient ensuite l’accord du Boss, c’est-à-dire Dieu, pour faire équipe avec lui.
Et ce n’était pas juste un rôle de plus pour Landon. Il a créé la série, écrit le pilote et réalisé une grande partie des épisodes. Bref, c’était vraiment son projet.
Une série morale, sentimentale, mais loin du prêche
La mécanique de la série repose sur des histoires très humaines. Un épisode parle de violence de gangs, un autre du fils en phase terminale d’un astronaute, un autre encore d’un vétéran du Vietnam qui adopte un orphelin de 15 ans. Parfois, Jonathan aide simplement des amoureux pris dans des familles ennemies.
Jonathan peut changer d’identité ou faire apparaître certains objets grâce à une forme de pouvoir divin que le duo appelle The Stuff. Mais la série pose une limite nette, il ne l’utilise pas contre la volonté de Dieu. Ce qui compte, ce n’est pas la démonstration de pouvoir. C’est la réparation.
Point important, Highway to Heaven parle bien de Dieu, mais sans pousser vers une confession précise. Pas de prêche, pas d’injonction à aller à l’église. Pourtant, des chaînes chrétiennes ont largement repris la série en rediffusion.
Un succès solide, puis la fin d’une longue histoire avec NBC
En 1988, Michael Landon expliquait au Los Angeles Times qu’il avait imaginé cette fiction en voyant monter la colère à Los Angeles. Tout le monde lui semblait furieux, alors il a voulu opposer à ça une série fondée sur la bonté. C’est parfois très sentimental, clairement, mais l’intention se tient.
La série n’a jamais atteint le niveau de phénomène de Bonanza ou de La Petite Maison dans la prairie. Elle gardait pourtant des audiences respectables sur NBC. Puis la chaîne l’a annulée en 1988, dans un contexte de grève des scénaristes, avant d’écouler sa cinquième saison de 13 épisodes en 1989.
Résultat, la fin de Highway to Heaven a aussi marqué la fin de trente ans de collaboration entre Michael Landon et NBC. Deux ans plus tard, en 1991, l’acteur mourait d’un cancer du pancréas. Revoir cette série aujourd’hui, ce n’est donc pas juste rattraper une curiosité. C’est regarder le dernier grand chapitre d’une star qui a essayé autre chose.