Sorti en janvier 2014, The Legend of Hercules a cumulé mauvais timing, mauvaises critiques et box-office en vrac. Un cas d’école du flop studio.
En bref
- The Legend of Hercules de Renny Harlin s’est fait écraser au box-office par… Hercules de Brett Ratner.
- Le film mise sur un Hercule réaliste plutôt que sur la mythologie grecque.
- Kellan Lutz et Scott Adkins n’ont pas réussi à sauver le péplum du naufrage.
Il y a des doublons à Hollywood, puis il y a 2014. La même année, deux films sur Hercule débarquent, et l’un se fait écraser sans ménagement. The Legend of Hercules, réalisé par Renny Harlin, sort en janvier, ce fameux couloir où les studios garent souvent ce qu’ils n’assument pas vraiment. Résultat, un box-office famélique dès le départ.
Deux Hercule, un vainqueur écrasant
Avec un budget de 70 millions de dollars, le film ouvre à seulement 8,8 millions de dollars. Il finit sa course à 18,8 millions de dollars aux Etats-Unis et 61,3 millions de dollars dans le monde. Pour un projet de studio, c’est mauvais. Vraiment mauvais.
Et le pire, c’est la comparaison. Sept mois plus tard, Brett Ratner sort son propre Hercules avec Dwayne Johnson. Ce n’était pas un chef-d’œuvre, mais il a rapporté 225 millions de dollars à l’international. Même côté critiques, l’écart pique, avec 58 % sur Rotten Tomatoes pour le film de Brett Ratner, contre un misérable 5% pour celui de Renny Harlin.
Le péplum qui oubliait ce qui fait Hercule
Le pari créatif était limpide, et franchement discutable. The Legend of Hercules, d’abord intitulé Hercules: The Legend Begins, retire les dieux et la magie du récit. À la place, le film cherche une ambiance terreuse, pseudo réaliste, très inspirée de Gladiator chez Ridley Scott.
Kellan Lutz y joue Alcides, un prince dont la mère, incarnée par Roxanne McKee, affirme qu’il est le fils de Zeus, avant de révéler son vrai nom, Hercule. Il étrangle bien un lion, clin d’œil évident au lion de Némée, mais le contexte manque de souffle. Puis le héros part en campagne, se fait capturer, combat comme gladiateur, devient populaire, et provoque une révolte contre Amphitryon. Vous voyez l’idée. Ça rappelle plus Spartacus ou Gladiator que la mythologie grecque.
Kellan Lutz en vitrine, Scott Adkins sous-exploité
Le casting n’était pourtant pas vide. Kellan Lutz, vu dans Twilight en Emmett Cullen et déjà passé par Immortals en Poséidon, tient le premier rôle. Scott Adkins, lui, joue le père adoptif et antagoniste, Amphitryon. On croise aussi Kenneth Cranham, Jonathan Schaech, Liam McIntyre, Rade Šerbedžija et Gaia Weiss en Hebe.
Mais voilà. Scott Adkins, excellent quand on lui laisse de l’espace, n’a presque pas l’occasion de montrer ce qu’il sait faire. Et Kellan Lutz, malgré une présence physique évidente dans les scènes de combat, a été largement jugé sans charisme.
Un flop si net qu’Hollywood ne l’a pas oublié
Le film n’a pas seulement raté sa carrière en salles. Il a aussi récolté des nominations aux Razzie Awards pour pire film, pire réalisateur, pire acteur pour Kellan Lutz et pire actrice pour Gaia Weiss. Le trophée du pire film lui a échappé, battu par Saving Christmas.
Bref, l’échec tient autant au business qu’au contenu. Une photo jugée terne, des performances plates, une palette visuelle délavée, et surtout une idée assez absurde pour un film sur Hercule, enlever précisément ce qui rend Hercule fun, grand et mythologique.