Attention, spoilers. Le nouveau film fait de Jessie le cœur émotionnel de la saga, avec un retour à son passé qui change la lecture de Toy Story 2.
En bref
- Toy Story 5 place Jessie au centre de l’histoire avec son traumatisme d’être abandonnée.
- Le film d’animation revisite son lien avec Emily et révèle qu’elle n’a jamais été oubliée.
- Cette intrigue offre à Jessie une conclusion émotionnelle après 27 ans de saga.
Toy Story 5 ne se contente pas d’ajouter une aventure de plus, il reprend un fil laissé en suspens depuis 27 ans, celui de Jessie. Et franchement, c’était le meilleur angle possible.
Jessie revient enfin au centre du jeu
Depuis Toy Story, la saga raconte la même angoisse, les enfants grandissent, les jouets restent. Toy Story 5 pousse ça plus loin avec une idée très actuelle, les écrans prennent la place de l’imaginaire. Chez Bonnie, cette menace a un nom, Lilypad, et c’est Jessie qui la vit le plus mal.
Ce n’est pas un hasard. Déjà devenue cheffe des jouets de Bonnie après que Woody l’a nommée shérif à la fin de Toy Story 4, elle porte aussi la blessure la plus évidente de toute la franchise. Dans Toy Story 2, son passé avec Emily, raconté sur « When She Loved Me » chanté par Sarah McLachlan, résumait à lui seul la peur d’être laissée derrière.
Un détour par Emily qui évite le faux pas
Le film la renvoie littéralement à ce point de départ. Comme Jessie a toujours le nom et l’adresse d’Emily écrits dans son pantalon, un couple âgé qui la retrouve avec Bullseye sur un trottoir les ramène à l’ancienne maison d’Emily, pas chez Bonnie.
Sauf qu’Emily n’y vit plus. Une autre famille s’est installée là, avec une petite fille, Blaze. Jessie essaie de provoquer une rencontre entre Blaze et Bonnie pour prouver que les jouets peuvent encore aider les enfants à créer du lien. Ça échoue, et elle croit alors que sa peur était fondée, celle d’être devenue inutile.
Le moment le plus fort arrive ailleurs, sur la vieille balançoire accrochée à l’arbre où Jessie jouait avec Emily. On y trouve désormais les mots « Jessie was here » gravés. En creusant, elle découvre une boîte avec des objets des années 1980 et une carte qui révèle le détail crucial, la Jessie évoquée n’est pas le jouet, c’est la fille d’Emily. Résultat ? Emily ne l’avait jamais oubliée.
Pourquoi Toy Story 2 sort grandi de cette suite ?
Là, Toy Story 5 marche sur une ligne fine. Faire retrouver directement Jessie et une Emily adulte, idée qui a visiblement été envisagée puis abandonnée, aurait été une erreur. Trop facile. Trop propre. Et surtout contraire à ce que disait déjà Stinky Pete dans Toy Story 2 quand il demandait à Woody s’il croyait vraiment qu’Andy l’emmènerait à l’université ou en lune de miel.
Le vieux débat restait le même, les jouets ne sont pas éternels. Leur rôle, c’est d’accompagner une enfance, pas de la figer dans un musée. En montrant qu’Emily n’a pas gardé Jessie, mais a gardé le souvenir, le film répond au cynisme de Stinky Pete sans trahir la douleur de Toy Story 2.
Et c’est sans doute la meilleure chose que réussit ce cinquième volet. Oui, le film est décrit comme inégal. Mais sur l’essentiel, le cœur de la saga, il vise juste. Donner à Jessie la place centrale après son rôle plus effacé dans Toy Story 4, c’est plus qu’un rattrapage, c’est une vraie clôture émotionnelle.