Pensé pour relancer les monstres de Universal avec Hugh Jackman, Van Helsing avait tout du gros pari studio. Sauf que le public n’a pas suivi.
En bref
- Universal Pictures voulait lancer une franchise de monstres avec Hugh Jackman, en faisant de Van Helsing un blockbuster.
- Malgré 300 millions de dollars de recettes mondiales, le film n’a pas convaincu suffisamment pour garantir une suite.
- L’échec vient surtout d’une stratégie privilégiant la création d’une franchise plutôt que la qualité du film.
Universal Pictures pensait tenir une franchise. À la place, le studio a surtout signé un manuel assez brutal sur ce qu’il ne faut pas faire quand on veut relancer une marque culte.
Au début des années 2000, Hugh Jackman sortait de l’explosion Wolverine et enchaînait les films qui marchaient. Le calcul semblait limpide. Si Fox avait son mutant star, pourquoi Universal n’aurait pas son héros maison pour remettre en circulation Dracula, le Monstre de Frankenstein, la Momie ou le loup-garou ? Sur le papier, l’idée se vend toute seule. Dans les faits, c’était déjà plus fragile.
Universal Pictures voulait son nouveau jouet blockbuster
Le studio avait un vrai héritage avec ses monstres, mais beaucoup plus de mal à le rentabiliser à l’ère moderne. Et il y avait un souci très concret, ces créatures viennent d’œuvres tombées dans le domaine public. Autrement dit, difficile d’en faire un centre de franchise exclusif. Du coup, Universal a déplacé le projecteur vers une vedette bankable, Hugh Jackman, censé devenir l’ingrédient magique.
Le problème, c’est que Van Helsing sent le personnage conçu en focus group à des kilomètres. On n’est plus face au chasseur érudit des romans, mais à un héros d’action bodybuildé affilié aux Knights of the Holy Order, une organisation secrète liée à l’Église catholique, équipée de technologies cachées et d’un réseau de moines-bricoleurs.
Le film a transformé Van Helsing en héros calibré
Là, le film ne fait pas dans la dentelle. Jackman joue une machine à punchlines et à exploits quasi surhumains. David Wenham, connu aussi pour Faramir, hérite du sidekick malin et maladroit, Friar Carl. Kate Beckinsale campe Anna, guerrière et love interest, pendant que Richard Roxburgh cabotine en Dracula avec un enthousiasme presque admirable.
Et le film empile. Jekyll et Hyde, le Monstre de Frankenstein, un twist autour du loup-garou, des morceaux de bravoure géants, du CGI partout, des blagues lourdes, des armes pensées comme des jouets dérivés. Bref, on voit le produit avant l’histoire.
Un gros lancement, puis la douche froide
Le budget oscillait entre 160 et 170 millions de dollars. Les recettes mondiales ont tourné autour de 300 millions de dollars. Pas un crash absolu, mais clairement pas assez pour lancer sereinement une suite. Même son démarrage à 51 millions de dollars, numéro un à sa sortie, n’a pas suffi.
Il faut dire que 2004 n’avait aucune pitié. Entre Spider-Man 2, Shrek 2, Harry Potter and the Prisoner of Azkaban et The Incredibles, le public avait mieux à voir. Et quand le bouche-à-oreille est mauvais dans un été pareil, ça va très vite.
Le vrai problème, c’était la stratégie avant le film
C’est ça, le cœur du raté. Van Helsing n’a pas échoué parce que l’idée d’une franchise de monstres était absurde. Il a échoué parce que Universal a pensé à la franchise avant de penser au film. Le studio voulait déjà son univers, ses suites, ses jouets, sa marque relancée. Sauf qu’il fallait d’abord un bon long-métrage. Et ça, quand même, c’est la base.