Vince Gilligan, créateur de Pluribus, a signé un film de dark fantasy à redécouvrir absolument

Image d'illustration. Mise à feuMise à feu / PR-ADN
Connu pour son talent scénaristique, Vince Gilligan, le créateur de Pluribus, s’est aussi illustré dans le cinéma avec un film de dark fantasy passé inaperçu. Cette œuvre singulière mérite aujourd’hui d’être redécouverte par les amateurs du genre.
Tl;dr
- « Mise à feu » fusionne comédie romantique et fantastique absurde.
- Vince Gilligan y dévoile déjà son talent pour l’antihéros.
- Le film surprend malgré une réception critique mitigée.
L’anti-héros selon Vince Gilligan : premières expérimentations inattendues
La carrière de Vince Gilligan, mondialement salué pour ses séries « Breaking Bad » et « Better Call Saul », s’est construite sur une fascination pour les personnages ambigus. Mais peu se souviennent de son tout premier scénario porté à l’écran : le film « Mise à feu », sorti en 1993, qui mérite peut-être aujourd’hui un second regard. Écrit alors que Gilligan venait de terminer ses études, ce long métrage posait déjà les jalons d’une écriture audacieuse, entre mélanges de genres et exploration des failles morales.
Pouvoirs pyrotechniques et romance contrariée : le pari du mélange des genres
Dès les premières scènes, « Mise à feu » étonne par son pitch improbable. Deux frères, interprétés par Dennis Quaid (Wallace) et Arliss Howard (Wilder), possèdent des pouvoirs pyrotechniques hérités d’un passé douloureux. L’un choisit la discrétion en devenant pompier, l’autre embrasse sa différence au sein d’un cirque itinérant. Entre eux, une femme (Debra Winger) incarne une figure féminine singulière et affirmée, loin des archétypes attendus du genre.
La narration laisse surgir des moments d’absurdité jubilatoire – une chorale improvisée par des pompiers ou des explosions inattendues viennent rythmer une intrigue où l’humour se frotte en permanence au tragique. Si la réalisation de Glenn Gordon Caron, créateur de « Moonlighting », peine parfois à assumer ce grand écart tonal, elle permet malgré tout à la folie douce du scénario de s’exprimer.
L’art du décalage chez Gilligan : une œuvre sous-estimée ?
Certes, le film n’a pas séduit la critique à sa sortie – trop étrange, trop inclassable peut-être. Mais il suffit d’accepter les ruptures de ton pour apprécier un spectacle où tout peut basculer dans le grotesque ou l’émotion pure. Ceux qui connaissent le goût de Gilligan pour les situations désespérées tournant à l’absurde – comme on le retrouve plus tard dans « Pluribus », sa nouvelle série pour Apple TV, ou lors de ses incursions dans « The X-Files » – reconnaîtront ici ses premiers essais réussis.
On pourrait résumer ainsi ce que propose « Mise à feu » à ceux qui osent s’y aventurer :
- Savoureuse fusion entre humour noir, romance impossible et fantastique débridé.
- Personnages décalés portés par des dialogues piquants.
- Sous-texte sur la culpabilité et l’acceptation de soi.
Derrière le bide critique : une curiosité à redécouvrir ?
« Mise à feu » reste un ovni cinématographique dont la folie douce préfigure l’écriture ciselée de Gilligan dans ses œuvres majeures. Pour qui aime voir les prémices d’un style devenu culte ou simplement goûter à un cocktail de genres improbable, mais rafraîchissant, cette curiosité cinéphile n’a pas volé sa place parmi les films injustement oubliés.
Faut-il juger un film uniquement sur sa réputation ? Peut-être pas : il suffit parfois d’y regarder à deux fois…
