Entre budget géant, sortie risquée et concurrence frontale, Wildwood arrive en salles avec une vraie pression sur les épaules de Laika.
En bref
- Wildwood pourrait avoir du mal à rentabiliser son budget de 92 millions d’euros dès sa sortie en salles.
- Le film d’animation en stop-motion devra notamment composer avec la concurrence de Clayface, une durée de plus de deux heures et une distribution peu conventionnelle.
- Les bonnes critiques constituent un atout, mais elles ne garantissent pas que le public sera au rendez-vous.
Environ 92 millions d’euros de budget pour un lancement attendu entre 5 et 9 millions d’euros aux États-Unis. Voilà le genre d’équation qui fait transpirer n’importe quel studio, même un studio aussi respecté que Laika.
Un film à gros budget qui démarre petit
Prévu en salles le 23 octobre 2026, Wildwood arrive avec une ambition énorme. Réalisé par Travis Knight, déjà derrière Kubo and the Two Strings, le film suit Prue, une jeune fille qui s’enfonce dans une forêt magique pour sauver son petit frère. En chemin, elle croise des créatures étranges, des factions en guerre et un monde qui promet visuellement pas mal de choses. Sur le papier, c’est le grand conte dark que Laika sait très bien faire.
Le souci, vous le voyez tout de suite, c’est la caisse. Avec de telles dépenses, ce niveau de démarrage ne ressemble pas à un faux départ, il ressemble à une alerte rouge.
Le vrai problème, ce n’est pas juste Clayface
Oui, Wildwood tombe en face de Clayface, le film d’horreur lié à Batman chez DC Studios, annoncé entre 18 et 27 millions d’euros pour son premier week-end. Et oui, ça compte.
Mais le frein ne vient pas seulement de là. Wildwood dépasse les deux heures, il est classé PG-13, donc moins accessible qu’un film d’animation familial standard, et sa sortie est gérée par Fathom Entertainment plutôt que par un gros studio hollywoodien classique. C’est un pari. Clairement, un pari musclé.
Laika et Fathom ont déjà gagné avec Coraline, pas avec du neuf
Fathom, on le connaît surtout pour les ressorties événementielles et les diffusions spéciales en salles. La société a récemment aidé à remettre The Transformers: The Movie sur le radar, et elle avait déjà bien travaillé avec Laika.
En 2024, la ressortie de Coraline a rapporté plus de 48 millions d’euros dans le monde, portant son total cumulé à environ 173 millions d’euros. Très joli score. Sauf qu’une ressortie culte et un film inédit à rentabiliser, ce n’est pas du tout le même match.
Entre Missing Link et Migration, le couloir est très étroit
Le pire scénario existe. Si Wildwood cale comme Missing Link, qui avait ouvert à environ 5 millions d’euros avant de finir à 24 millions d’euros mondiaux, ça sentira la douche froide industrielle.
Pour éviter ça, le film devra tenir longtemps après son lancement, un peu comme Migration en 2023, passé d’un démarrage compliqué à environ 276 millions d’euros mondiaux. Bon, ce genre de remontée arrive plus facilement en décembre qu’en octobre. Et ça change beaucoup de choses.
La critique adore déjà, mais ça ne paie pas toujours les factures
Il y a tout de même un vrai motif d’espoir. Côté critiques, Wildwood affiche pour l’instant 100% d’avis positifs sur Rotten Tomatoes. Pour un film vendu comme une aventure ample et sombrement magique, c’est un sacré signal.
Si le public de Coraline répond présent, Laika peut encore créer la surprise. Mais aujourd’hui, le verdict est simple. Wildwood n’a pas droit à l’erreur, et son box-office de départ ne raconte pas l’histoire d’un futur carton.