Piratage encouragé par la suppression et censure des catalogues Disney+ et Netflix : Préservation de la culture
En 2023, la SVOD n'est plus le paradis audiovisuel promis, avec une logique financière qui force les services de streaming à épurer leur catalogue, au risque de pousser les abonnés vers le piratage.
Piratage : un moyen de préserver la culture ?
« Le piratage c’est du vol. » Il est indéniable que le piratage d’une œuvre culturelle est illégal et est passible d’une amende de 1500 euros par œuvre. Cependant, il est important de nuancer cette affirmation, voire proposer une alternative à cette vision manichéenne du rapport à la culture, qui serait : « Payer pour se cultiver ». Le piratage, aussi vieux qu’internet, est pour certains une manière de lutter contre l’effacement ou la suppression d’œuvres, ainsi que contre la censure.
Il est important de noter que nous ne cautionnons pas le piratage. Personnellement, je suis abonné à plusieurs services de streaming comme Netflix, Crunchyroll et Amazon Prime Video. Je consacre donc une somme conséquente chaque mois à la « Culture ». Cependant, certaines pratiques des services SVOD incitent à télécharger illégalement certaines œuvres.
La crainte de la suppression soudaine
La suppression « sans prévenir » de programmes est devenue un cauchemar pour les abonnés de Netflix, Disney+ et Prime Video. Parfois, même les productions originales disparaissent. C’est là que le problème se pose. Une œuvre originale qui disparaît d’une plateforme de streaming disparaît également du paysage audiovisuel, tombant dans l’oubli.
Les catalogues des services de streaming sont à la merci d’une politique mercantile menée par les firmes propriétaires desdits services, mais aussi d’une idéologie de purge. Les suppressions d’objets culturels pour des raisons idéologiques sont rares, mais elles se produisent. En juillet 2023, par exemple, la série « Flight to You » a été supprimée du catalogue Netflix vietnamien en raison d’une carte contestée par Hanoi.
La SVOD en sursis ?
Le dernier film du réalisateur Kyle Patrick Alvarez, « Crater », a été supprimé du catalogue Disney+ seulement sept semaines après sa diffusion. Aucune alternative n’est actuellement proposée pour voir ce film de science-fiction, qui a donc tout simplement disparu du paysage audiovisuel.
La raison derrière cette stratégie est simple. Lancé en 2019, Disney+ n’est toujours pas rentable quatre ans plus tard, malgré ses 157,8 millions d’abonnés recensés en janvier dernier. Cette opération financière vise à réduire les coûts. Ainsi, les séries et les films supprimés des services SVOD sont les victimes des décisions prises sur l’autel de la rentabilité par les dirigeants de Disney+.
Les affres de la censure
La suppression d’un catalogue n’est que l’un des problèmes qui peut affecter une œuvre audiovisuelle en 2023. Les films et les séries peuvent être modifiés volontairement pour correspondre à une vision moderne, quitte à dénaturer le matériau source. Par exemple, plusieurs classiques de Disney ont été interdits aux enfants à cause de scènes jugées racistes, comme « Les Aristochats », « La belle et le Clochard », « Dumbo » ou « Peter Pan ».
Il est essentiel de contextualiser les œuvres diffusées, de définir l’époque où elles ont été réalisées afin de comprendre les changements opérés dans nos sociétés au fil des décennies. Il ne s’agit pas de cautionner des propos ou des comportements déplacés, mais de préserver l’Histoire et son Art pour mieux apprendre du passé. La censure ne sera jamais la réponse, mais simplement un autre mal. L’éducation est la réponse.
