Le créateur de Backrooms veut finir son histoire en mini-série, pas au cinéma. Sauf qu’avec un carton pareil, le studio a peu de raisons de changer de formule.
En bref
- Kane Parsons veut raconter l’histoire des Backrooms en mini-série, car l’histoire a été pensée dès l’origine pour un format long et épisodique.
- Le succès du premier film pousse A24 vers une suite au cinéma, malgré les préférences créatives de son créateur.
- Le vrai enjeu de Backrooms 2 est donc le conflit entre vision d’auteur et logique hollywoodienne, plus que l’existence même de la suite.
Le vrai sujet autour de Backrooms 2, ce n’est même pas son existence. Elle était quasiment inévitable. Le sujet, c’est que Kane Parsons ne veut pas vraiment raconter cette suite comme un film. Et là, on tombe sur un classique d’Hollywood, la vision du créateur face à un studio qui vient de toucher le jackpot.
Le problème, ce n’est pas la suite, c’est son format
À 21 ans, Kane Parsons a déjà un cas d’école. Son film Backrooms, adaptation de sa propre série web lancée à 16 ans, a rapporté 400 millions de dollars pour un budget de 10 millions de dollars. Résultat, une suite a été officialisée plus tôt ce mois-ci.
Mais Kane Parsons, lui, répète la même chose depuis le début. Son scénario idéal, c’est une mini-série capable d’aller jusqu’à la vraie fin de l’histoire. Interrogé par Deadline, il explique même qu’un arc très précis existe depuis l’origine et qu’il est, selon ses mots, absurdement enthousiaste à l’idée de pouvoir enfin aller au bout.
Backrooms vient du web, et ça change tout
Ce n’est pas un détail. Backrooms n’est pas né comme un concept de long-métrage, mais comme une série found footage de 25 épisodes inspirée du creepypasta du même nom. Forcément, quand l’auteur vous dit que la conclusion a été pensée pour un format plus long, ça mérite mieux qu’un haussement d’épaules.
La comparaison avec Obsession de Curry Barker revient souvent, et on comprend pourquoi. Deux succès venus de YouTube, deux réalisateurs de moins de 30 ans propulsés d’un coup. Mais la ressemblance s’arrête vite. Obsession n’a jamais été conçu comme un récit épisodique, alors que Backrooms, si. Ton, structure, rythme, tout part d’un ADN différent.
A24 n’a aucune raison de freiner la machine
Bon, du point de vue d’A24, le calcul est assez brutal. Quand un film dépasse à ce point les attentes, on ne change pas facilement la mécanique. Le studio a aussi su muscler l’adaptation avec Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve, et le résultat au box-office parle tout seul.
Du coup, le meilleur scénario créatif n’est peut-être pas le plus probable. Une mini-série collerait sans doute mieux à la structure originale et à la constance du discours de Kane Parsons. Mais un énorme hit appelle souvent d’autres suites, parfois plus que nécessaire. Et ça, Hollywood sait très bien le faire.
Reste une évidence, quand même. Même si Backrooms 2 finit par être meilleur que le premier film, il ne sera peut-être pas la version la plus fidèle de ce que son créateur voulait vraiment raconter.