Disney admet l’échec en salles de The Mandalorian and Grogu et de Moana. Mais le studio dit compenser ailleurs, et ce n’est pas anodin.
En bref
- Disney admet deux déceptions estivales
- Le groupe compense via parcs, produits et streaming
- Mais les prochains films devront mieux marcher
Le signal est clair. Chez Disney, un film peut rater sa course en salles sans être considéré comme un désastre total. C’est toute la différence entre un simple studio de cinéma et une machine qui vit aussi des parcs, du streaming, des jouets et des licences.
Le flop, oui. La panique, non
Lors d’un échange avec les investisseurs, Disney a reconnu que The Mandalorian and Grogu et la version live-action de Moana avaient déçu au box-office. Un aveu assez rare pour être noté, surtout pour un groupe qui a longtemps empilé les cartons avec Marvel, Lucasfilm, Pixar et ses productions maison.
Mais la direction n’a pas dramatisé. Josh D’Amaro a expliqué que même quand un film de franchise ne tient pas ses objectifs en salles, l’investissement continue d’alimenter d’autres activités du groupe. Hugh Johnston, directeur financier, a ajouté que le cinéma reste important, mais que ce secteur fonctionne aussi comme un portefeuille, avec une part de volatilité compensée par la diversification de l’entreprise.
Quand un film faible en salles rapporte quand même
C’est là que le cas Disney devient intéressant. The Mandalorian and Grogu a soutenu les ventes de produits dérivés de Star Wars, attiré des visiteurs vers l’attraction Millennium Falcon à Disneyland et à Walt Disney World, et généré de l’engagement dans le jeu vidéo.
Pour Moana, le pari se déplace vers Disney+. Le groupe s’attend à un titre solide sur la plateforme, porté par la popularité durable du film d’animation original, présenté comme l’un des films les plus vus en streaming de tous les temps. Même logique pour The Mandalorian and Grogu, qui doit logiquement profiter de la puissance de The Mandalorian, longtemps vitrine originale de Disney+.
Le box-office reste central, surtout à ce prix-là
Bon, ça ne veut pas dire que le cinéma devient secondaire. Juste qu’il n’est plus l’unique thermomètre. Et vu les montants engagés, heureusement. The Mandalorian and Grogu a coûté 165 millions de dollars, soit environ 141 euros millions (165 millions de dollars), le plus petit budget des films Star Wars de l’ère Disney, ce qui reste énorme. Moana est monté à 250 millions de dollars, soit environ 213 euros millions (250 millions de dollars).
Ces chiffres n’incluent pas le marketing ni la distribution. Et il faut encore partager les recettes des billets avec les salles. Résultat ? Les revenus annexes doivent vraiment porter le poids du modèle quand l’exploitation mondiale ne suit pas.
Ce que ces ratés racontent pour la suite
Le vrai enjeu est là. Une série de flops peut finir par envoyer un message simple, les franchises ou la stratégie du moment ne résonnent plus assez fort. Grogu a pour lui une base de fans déjà installée, ce qui aide les ventes. Ce ne sera pas forcément le cas pour Star Wars: Starfighter, centré sur des personnages entièrement nouveaux.
Même chose pour Moana. Le remake live-action est présenté comme l’un des moins bien reçus parmi ceux de Disney, avec un risque évident, refroidir le public sur les prochains remakes. Et comme le groupe réduit la priorité donnée aux séries live-action pour revenir vers les longs métrages, les prochains films vont compter encore plus. Pas seulement pour remplir les salles, mais pour vérifier si la marque sait encore créer l’élan qui faisait sa force dans les années 2010.