Le film qui a refroidi les ambitions horrifiques de Steven Spielberg

Image d'illustration. WeaponsNew Line Cinema / PR-ADN
Weapons marque suffisamment Steven Spielberg pour éclipser toute ambition de réalisation dans le genre horrifique.
Tl;dr
- Steven Spielberg explique qu’il n’a jamais réalisé de film d’horreur, notamment parce qu’il est déjà impressionné par des œuvres récentes comme Weapons.
- Il cite ce film de Zach Cregger comme un “chef-d’œuvre” qui mêle humour noir et horreur, et qui n’a rien à lui “ajouter” au genre.
- Le cinéaste continue de dominer l’art du suspense et s’apprête à revenir à la science-fiction avec Disclosure Day.
L’éloge inattendu de Weapons
Le nom de Steven Spielberg résonne comme une évidence dans le panthéon du cinéma mondial. Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, celui qui a signé les plus grandes scènes de tension, pensons au célèbre passage de la cuisine dans Jurassic Park, n’a jamais franchi le pas du « pur » film d’horreur. Interrogé dans les colonnes d’Empire à l’approche de la sortie de son très attendu Disclosure Day, le réalisateur s’est confié sur cette absence marquante dans sa filmographie.
Un modèle qui coupe l’envie
Pourquoi une telle retenue ? La réponse ne manque pas d’humilité. Selon Steven Spielberg, il lui suffit parfois de voir un excellent film pour ne plus ressentir l’envie d’en réaliser un dans ce genre. À ses yeux, le récent Weapons, deuxième long-métrage de Zach Cregger, déjà remarqué avec Barbarian, incarne l’exemple parfait : « Je n’ai jamais réalisé de film d’horreur, même si j’en ai toujours eu envie… Mais quand je vois un chef-d’œuvre comme Weapons, je suis pleinement satisfait, je n’ai plus rien à prouver ou à expérimenter dans ce registre. »
Un avis difficilement contestable, tant Weapons, sorti à l’été 2025 et couronné par la critique comme par le public, a marqué les esprits grâce à son audace narrative et son mélange subtil entre humour noir et horreur viscérale. L’intrigue, qui plonge une petite ville fictive de Pennsylvanie dans la stupeur après la disparition inexpliquée de dix-sept enfants, tous élèves dans la même classe que Justine Gandy (Julia Garner), s’appuie sur des personnages inoubliables. Impossible notamment d’oublier Gladys, campée magistralement par Amy Madigan, qui décroche au passage un Oscar rarement attribué à une performance horrifique.
Une carrière sans horreur mais non sans frissons
Malgré ce renoncement apparent, il serait faux de penser que Steven Spielberg ignore tout des mécanismes du suspense ou des atmosphères inquiétantes. Sa capacité à installer une tension palpable fait partie intégrante de son style ; nul besoin pour lui d’emprunter les codes traditionnels du genre pour provoquer l’angoisse chez le spectateur.
Pour ceux qui souhaitent (re)découvrir ce que le cinéaste considère aujourd’hui comme une référence moderne, rappelons que Weapons est désormais disponible sur HBO Max.
L’art du mystère selon Steven Spielberg
Et pendant que certains rêvent encore d’un véritable Spielberg horrifique, c’est vers un autre horizon qu’il se tourne avec Disclosure Day, annoncé comme son retour à la science-fiction pure depuis La Guerre des Mondes. Si peu d’informations filtrent encore sur le scénario précis, on sait déjà que le casting réunit Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth, ou encore Colman Domingo. Premiers extraits intrigants : une météorologue incapable de parler autrement qu’en émettant des sons… déroutants. Un avant-goût prometteur avant la sortie en salles prévue le 12 juin 2026.
En définitive, qu’importe la peur ou l’extraordinaire : dès lors qu’il signe une œuvre, impossible pour Steven Spielberg de ne pas susciter l’attente, et parfois même quelques frissons inattendus.
